La construction de plus grand radiotélescope du monde a commencé : ce qu’il nous permettra d’observer

Pour percer les secrets de l’univers, il ne faut pas toujours envoyer en orbite de colossaux télescopes spatiaux. Il faut aussi bâtir sur notre planète un colossal radiotélescope, 50 fois plus sensible que l’engin radio existant le plus perfectionné, et cofinancé par une collaboration de 14 pays.

Pourquoi est-ce important ?

La construction du Square Kilometer Array a commencé. Ce télescope grand format, dont les infrastructures seront disséminées dans plusieurs déserts à travers le monde, sera assez sensible pour détecter un téléphone portable dans la poche d'un astronaute qui se serait égaré sur Mars. Et il augmentera considérablement notre champ de vision dans l'univers.

chantiers pharaoniques dans le désert

Le Square Kilometer Array (SKA), c’est quoi ? Ce projet de radiotélescope géant a été baptisé ainsi en référence à l’objectif initial des scientifiques de disposer d’une surface d’un kilomètre carré. Dans les faits, le SRA devrait en faire la moitié, mais c’est déjà énorme, et une phase d’agrandissement nommée SKA2 est toujours dans les cartons.

  • Les structures du SKA seront disséminées en divers points du globe. La phase de construction du projet a débuté le 5 décembre 2022 en Afrique du Sud et en Australie, qui accueilleront les antennes et les paraboles. La partie australienne du projet comportera à elle seule 100.000 antennes construites sur 74 km. Le quartier général du SKA sera bâti en Angleterre, à Cheshire.
  • Ces infrastructures devaient impérativement être bâties dans des déserts, le plus loin possible de toute interférence radio causée par l’activité humaine, ce qui n’a d’ailleurs guère facilité ces chantiers. Mais le déploiement de puissants satellites de télécommunication soulève de nombreuses craintes chez les astronomes.
  • À son lancement, le coût du projet était estimé à 1,8 milliard de dollars. Au total, il devrait plutôt atteindre les 3 milliards.

« Pour mettre en perspective la sensibilité du SKA, celui-ci pourrait détecter un téléphone portable dans la poche d’un astronaute sur Mars, à 225 millions de kilomètres de distance. »

Danny Price, chargé de recherche principal au Curtin Institute of Radio Astronomy, cité par l’AFP.

Ce que le SKA nous permettra d’observer

  • Mettre à l’épreuve la théorie de la relativité d’Einstein. Le SKA sera assez sensible pour détecter des pulsars, qui peuvent servir d’indice pour étudier le comportement des ondes gravitationnelles, et de là, les limites de la relativité générale, comme le comportement de l’espace-temps dans les régions d’espace extrêmement courbé. L’objectif est de révéler si Einstein avait raison dans sa description de l’espace, du temps et de la gravité, ou si une théorie alternative est nécessaire.
  • Cartographier les limites de l’Univers observable et étudier l’Âge sombre et la naissance des premières étoiles. La période entre 300.000 ans après le Big Bang et l’apparition des premières lumières un milliard d’années après, est considérée comme le premier chapitre de l’histoire cosmique de la création. Avec un SKA 100 fois plus puissant que les radiotélescopes existants, on devrait pouvoir, on devrait pouvoir obtenir des données sur cette période qui voit les premières galaxies à naître de l’amas de gaz primordial.
  • Traquer des signes de vie au loin. Le SKA pourra sonder la zone habitable des proto-étoiles semblables au Soleil, où les planètes ou les lunes semblables à la Terre sont les plus susceptibles de présenter des environnements favorables au développement de la vie. Il pourra ainsi chercher des indices de la présence de formes de vie dans la composition chimique des environs de ces astres, en particulier des acides aminés, considérées comme une signature plus que probable d’activité biologique.
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