Selon le Mécanisme européen de stabilité, la zone euro risque d’entrer dans une récession profonde


Principaux renseignements

  • L’instabilité géopolitique et la volatilité financière menacent d’entraîner des séquelles permanentes sur le PIB de la zone euro. Tel est l’avertissement lancé par le Mécanisme européen de stabilité (MES).
  • L’endettement excessif et les déficits budgétaires compromettent la viabilité économique à long terme.
  • Une discipline budgétaire stricte doit remplacer la flexibilité des règles afin d’éviter l’instabilité des marchés.

Le MES a averti que les fondements économiques de la zone euro pourraient être irrémédiablement compromis par la conjonction de l’instabilité géopolitique et de l’instabilité financière. Selon un nouveau rapport sur la stabilité publié par ce fonds basé au Luxembourg, un scénario catastrophe impliquant une flambée des conflits au Moyen-Orient, associée à une forte dévaluation des actions et des obligations américaines, pourrait déclencher une profonde récession. Un tel ralentissement pourrait entraîner des « séquelles » permanentes, se traduisant par une perte potentielle de 2 pour cent du PIB annuel d’ici 2035 — un chiffre comparable à la production économique totale de la Finlande.

Un avenir incertain 

Bien que la zone euro ait déjà résisté à des perturbations majeures, telles que l’effondrement financier de 2008, la pandémie et la guerre en Ukraine, le MES prévient que cette capacité de résistance passée ne constitue pas une garantie pour l’avenir.

La région est actuellement pénalisée par un endettement élevé, d’importants déficits budgétaires et une hausse inévitable des dépenses militaires. Ces facteurs, combinés au risque d’écarts de taux d’intérêt défavorables et d’un ralentissement de la croissance, pourraient compromettre la viabilité à long terme de la dette.

Volatilité financière mondiale

Cet avertissement fait écho aux préoccupations plus générales exprimées par les instances de surveillance mondiales, notamment le Conseil de stabilité financière, concernant un éventuel « double coup dur » où les turbulences des marchés coïncideraient avec d’autres crises systémiques.

Des facteurs tels que les valorisations record des actifs américains, les menaces pesant sur l’autonomie de la Réserve fédérale et l’escalade des tensions internationales ont contribué à créer un climat financier mondial précaire.

La nécessité d’une discipline budgétaire

Rolf Strauch, économiste en chef du MES, a souligné que l’Europe est confrontée à un ensemble unique d’obstacles simultanés qui nécessitent des décisions politiques difficiles.

Il a fait valoir que les États membres doivent s’engager à respecter une discipline budgétaire plus stricte afin de préserver l’intégrité des règles de dépenses de l’UE, qui limitent généralement les déficits à 3 pour cent et la dette à 60 pour cent du PIB. Ne pas le faire pourrait amener les marchés financiers à restreindre la capacité d’emprunt des gouvernements, alimentant ainsi l’instabilité.

Assouplissement des règles budgétaires 

Strauch a également exprimé ses inquiétudes quant à la perception que pourraient avoir les marchés de la décision de la Commission européenne d’assouplir les règles budgétaires.

Bien que ces concessions aient pour but d’aider les pays à gérer leurs dépenses de défense et les chocs énergétiques résultant de conflits, elles pourraient être interprétées par les investisseurs comme un affaiblissement systémique du cadre financier de l’UE.

Évolution des vulnérabilités économiques

Enfin, le MES a relevé un changement fondamental dans la vulnérabilité économique au cours des dix dernières années. Alors que les budgets publics constituaient la principale source de risque dans les années 2010, les dangers actuels sont largement liés à l’ouverture commerciale et à la dépendance vis-à-vis des importations d’énergie.

Cette évolution rend les petites économies dépendantes du commerce particulièrement vulnérables aux chocs externes.

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(ns)

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