Selon des ONG, des millions de personnes risquent de mourir de faim au Soudan


Principaux renseignements

  • Au Soudan, des millions de personnes souffrent de la faim en raison d’un conflit prolongé qui perturbe la production et la distribution alimentaires.
  • La guerre aggrave les vulnérabilités existantes, poussant les familles à prendre des mesures désespérées pour survivre.
  • Les femmes et les filles sont les plus touchées par la crise alimentaire, confrontées à des taux d’insécurité plus élevés et à des risques accrus de violence.

Une grave crise alimentaire frappe le Soudan et condamne des millions de personnes à mourir de faim alors que le conflit entre dans sa troisième année. Selon un rapport récent rédigé par cinq ONG, les familles des régions déchirées par la guerre du Darfour du Nord et du Kordofan du Sud luttent pour survivre avec un seul repas par jour. Souvent, elles passent même des journées entières sans manger.

Mesures désespérées

Le désespoir a poussé certains à manger des feuilles et du fourrage, simplement pour rester en vie. Le gouvernement soudanais, qui est de mèche avec l’armée, nie l’existence de la famine. Parallèlement, les RSF, le groupe paramilitaire qui combat l’armée, rejettent toute responsabilité quant aux conditions déplorables qui règnent dans les zones sous leur contrôle.

Des statistiques alarmantes brossent un tableau sombre. 61,7 pour cent de la population soudanaise, soit près de 29 millions de personnes, souffre d’insécurité alimentaire aiguë. L’ONU a documenté des atrocités généralisées et des violences à caractère ethnique. En novembre, la famine a été officiellement confirmée à El-Fasher et à Kadugli.

La guerre aggrave la famine

La guerre est l’une des principales causes de cette catastrophe humanitaire. Les perturbations des pratiques agricoles, associées à la destruction délibérée des fermes et des marchés, poussent les communautés vers l’abîme. De plus, l’ONU signale que les seuils de famine pour la malnutrition aiguë ont été dépassés à Um Baru et à Kernoi.

Ce qui rend la situation encore plus complexe, c’est que les cuisines communautaires ont du mal à répondre à la demande croissante d’aide alimentaire. Les coupes budgétaires importantes dans les fonds des donateurs entravent la capacité des organisations humanitaires à réagir efficacement. Le rapport met également en évidence l’impact disproportionné sur les femmes et les filles. Celles-ci courent un risque accru de violence et d’intimidation lorsqu’elles sortent pour accomplir des tâches essentielles telles que l’agriculture, les courses au marché ou la collecte d’eau. Les ménages dirigés par une femme sont trois fois plus touchés par l’insécurité alimentaire que ceux dirigés par un homme. (ev)(fc)

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