Principaux renseignements
- Le ministre belge de la Défense, Theo Francken fait l’objet de vives critiques pour avoir attribué un contrat de détection de drones sans appel d’offres.
- Les partis d’opposition et les partenaires de la coalition s’inquiètent du népotisme et des dépenses irresponsables compte tenu des contraintes budgétaires.
- Bien qu’il défende ses actions, la gestion de la situation par Francken met en évidence des failles potentielles dans les processus d’approvisionnement de la défense en Belgique.
Le ministre belge de la Défense, Theo Francken (N-VA), fait l’objet de critiques tant de la part de l’opposition que de ses propres partenaires de coalition à la suite d’un reportage de Pano sur la politique anti-drones de la Belgique. Ce reportage soulève de sérieux doutes quant à la série d’alertes aux drones survenue à la fin de l’année dernière, qui a entraîné la fermeture temporaire de l’aéroport de Bruxelles à deux reprises. Alors que le niveau réel de la menace reste incertain, le reportage suggère que Francken et son chef d’état-major, Frederik Vansina, se sont empressés de pointer du doigt la Russie.
Allégations de népotisme
Le reportage met également en lumière un contrat de 50 millions d’euros attribué à la société Senhive, basée à Hasselt, pour un système de détection de drones, sans procédure d’appel d’offres. Il présente en outre des images illustrant un incident présumé impliquant un drone, qui se sont avérées être des images d’un hélicoptère de police. Francken a admis avoir partagé la vidéo mais a défendu ses actions, affirmant qu’il visait à créer un sentiment d’urgence afin d’accélérer le processus d’achat.
Jeudi, les partis d’opposition au Parlement ont vivement critiqué Francken et ce contrat. Ils l’ont accusé de népotisme et de diffusion de fausses informations. Ils ont exigé une enquête indépendante. Les partenaires de la coalition, le CD&V et Vooruit, ont également fait part de leurs inquiétudes et ont souligné la nécessité d’une gestion responsable des dépenses compte tenu des contraintes budgétaires.
Défense de Francken
Avant de répondre aux questions au Parlement, Francken s’est défendu dans une émission d’information de VTM, affirmant que les procédures appropriées pour les achats urgents avaient été respectées. Il a souligné que le vote au sein de la Commission parlementaire des achats militaires avait été unanime, à l’exception d’une abstention. Francken a rejeté ces accusations graves comme étant sans fondement et regrettables, tandis que l’armée s’est fait l’écho de son sentiment.
Examen minutieux du contrat
Bien que Francken soutienne qu’un prix conforme au marché a été payé pour le système de détection de drones et que le gouvernement a approuvé l’achat, Pano n’a pas pu étayer les allégations de copinage. L’émission a toutefois révélé un avis négatif de l’Inspection des finances, que le Conseil des ministres a rejeté.
Le parti de Francken, la N-VA, s’est rallié derrière lui, reconnaissant les risques liés à la modernisation militaire rapide et le potentiel de corruption dans l’industrie de la défense. Il a cité le scandale Agusta de la fin des années 1980 comme un exemple édifiant, où des pots-de-vin avaient été versés lors de l’acquisition d’hélicoptères, entraînant la démission de l’éminent socialiste Willy Claes de son poste de secrétaire général de l’OTAN.
Augmentation des dépenses de défense
L’engagement du gouvernement actuel à porter les dépenses de défense à 2 pour cent du PIB nécessite des investissements substantiels au cours des prochaines années. Cet objectif ambitieux vise à combler les lacunes dans les défenses de la Belgique et à suivre le rythme de la technologie des drones, un système d’armes crucial dans la guerre moderne.
La frustration au sein de l’armée face aux procédures bureaucratiques et aux mécanismes de contrôle qui entravent une action rapide est palpable. Un groupe de travail composé d’experts du service des achats de la Défense, de l’Inspection des finances et de la Cour des comptes sera mis en place pour examiner ces procédures et étudier les simplifications possibles.
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