Quelles pistes pour sortir du confinement ?

Antwerpen tijdens de lockdown – Isopix

S’il est encore trop tôt pour mettre une date précise sur une sortie du confinement, les responsables politiques se penchent déjà sur la question. Progressive, limitée, sélective… Comment en sortir ?

Le Danemark a annoncé vouloir sortir du confinement pour la mi-avril. ‘Un processus long’, a toutefois nuancé la Première ministre Mette Frederiksen. En Belgique, Sophie Wilmès (MR) met en place un groupe de travail qui va étudier l’après-crise.

D’après les informations du Soir, le groupe sera piloté par un scientifique. Il sera accompagné par des personnalités issues du monde économique. La sortie potentielle du confinement se ferait decrescendo: d’abord l’ouverture des écoles, puis des magasins, de l’horeca et des rassemblements. Mais cette sortie dépendra de plusieurs facteurs.

  • L’évolution de la courbe de contamination
  • La saturation des lits d’hôpitaux, notamment en soins intensifs
  • Le nombre de tests
  • D’éventuelles pressions économiques
  • De la situation mondiale
  • D’éventuels traitements, voire un vaccin

Il s’agit d’une liste non-exhaustive.

Un lockdown à la carte

Pour l’Imperial College of London, le fait que le virus soit présent chez de nombreuses personnes – jusqu’à 1,1 million en Belgique – mène à la prudence et à un déconfinement progressif en plusieurs phases. Sur une période de 18 mois, les chercheurs ont calculé que les règles devraient probablement redevenir plus strictes au moins 6 fois. À chaque fois pour une période d’un mois. Soit un tiers du temps.

Le gros souci pour le moment, c’est qu’on ne sait pas encore si une personne contaminée et guérie sera de facto immunisée. Comme pour la grippe classique, certaines personnes l’attrapent chaque année ou presque, suivant l’évolution du virus.

Il est évident que mettre fin au déconfinement de manière brutale sera contre-productif. Cela ne se fera pas du jour au lendemain, c’est une certitude. C’est l’idée d’un déconfinement progressif.

Le déconfinement peut aussi être limité à certains secteurs d’activité. On sait que l’agroalimentaire continue de tourner à plein régime. Ces secteurs pourraient être élargis, avec des mesures spécifiques de protection (masques, distanciation sociale…). On pense aux services communaux, aux coiffeurs, aux kinés ou encore au secteur de la construction.

Politique de tests massive

L’autre grande option, qui peut d’ailleurs aller de pair avec la première, est de tester le plus grand nombre de personnes possible. Comme en Islande ou en Corée du Sud. D’abord, car cela indiquerait la réelle ampleur de l’épidémie et donc les mesures à mettre en place. Mais aussi, car cela permettrait à une partie de la population de sortir du confinement. Soit un déconfinement sélectif.

Il y a une très forte disparité entre les pays européens. Quand l’Allemagne vise 200.000 tests par jour, nous en visons 10.000. C’est 20 fois moins pour une population 7,3 fois moins importante. Mais c’est bien sûr un processus qui est amené à évoluer.

Ce qui amène à nous poser la question de l’interconnexion entre nos pays. L’ouverture des frontières ne devrait pas intervenir de si tôt. Avec les conséquences économiques que cela engendre. Certains pays n’ont pas encore vraiment connu d’épidémie, d’autres sont loin du pic et enfin certains sont prêts à en sortir. Ramener le virus d’un endroit à l’autre serait évidemment très problématique, tant qu’un vaccin n’a pas été homologué.

Ensuite, comme l’indique le professeur Arnaud Fontanet de l’Institut Pasteur à RFI, les tests, qu’ils soient rapides (symptômes) ou plus longs (test PCR), ne donne qu’une photographie à un instant T. Le patient peut très bien se faire contaminer trois jours plus tard. Et dans cette perspective, il est impossible de répéter continuellement ces tests massifs. Néanmoins le nombre de foyers devrait aussi ralentir et ces derniers devraient être moins importants, ce qui permettra d’agir plus vite et de manière ciblée.