Que s’est-il passé en 2003 pour que nous vivions moins longtemps en bonne santé désormais?

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Les Européens vivent plus longtemps. Un bébé né en Italie en 1900 avait une espérance de vie d’environ 41 ans. En 2010, cette espérance de vie s’était hissée à 81 ans, et la tendance se poursuit.

Mais quelque chose d’étrange s’est produit. Bien que l’espérance de vie a continué d’augmenter depuis 2003, le nombre d’années que nous devrions nous attendre à vivre en bonne santé s’est stabilisé à 62 ans pour les deux sexes. Pendant plusieurs années, le nombre d’années à vivre en bonne santé avait augmenté conjointement avec l’espérance de vie. Aujourd’hui, même si les gens vivent plus longtemps, ils bénéficient de moins d’années en bonne santé qu’ils n’en avaient il y a 10 ans.

Encore plus inquiétant, c’est que la tendance va se poursuivre à travers toute l’Europe, affirment les démographes. (voir le graphique 1). La baisse de l’espérance de vie en bonne santé (HLYE – Healthy Life Years Expectancy) a été constatée en Belgique, en Allemagne, en Irlande, en Grèce, en Espagne, en Autriche, au Portugal, en Finlande et en Suède. Une baisse moins prononcée a débuté en France depuis 2006. Seuls, le Royaume-Uni, le Danemark et les Pays-Bas semblent échapper à cette tendance (voir le graphique 2).

Que s’est-il passé en 2003 qui puisse expliquer ce renversement? Les chercheurs Ugo Bardi et Virginie Perini de l’Université de Florence, qui l’ont étudié, affirment que c’est la météo qui est en cause.

Ils rappellent que 2003 était l’année de la canicule et qu’en Europe, la vague de chaleur extrême a causé 45.000 décès supplémentaires rien qu’au mois d’août. La plupart étaient liés aux complications associées avec les hautes températures. Mais selon Bardi et Perini, la canicule pourrait également avoir affecté définitivement la santé générale des personnes qui ont survécu. Ils pensent que les conditions de chaleur ont déclenché des maladies chroniques telles que le diabète ou les maladies cardiaques.

Cette conclusion a des implications inquiétantes, car les météorologues estiment que même si 2003 demeure un cas exceptionnel, nous devons nous attendre à une multiplication des épisodes de forte chaleur en raison du changement climatique. Il faut donc s’attendre à une plus forte mortalité associée au climat. Il y aura également des conséquences économiques, puisque la hausse du nombre d’années à passer en mauvaise santé sera inexorablement liée à une hausse des frais de santé pour les gouvernements, avec les conséquences politiques que cela implique concernant leur financement. Enfin, la qualité de vie des gens en sera affectée, et même si la perspective de vivre plus longtemps est agréable, personne ne veut être en mauvaise santé.

Mais le climat ne justifie pas tout. Comment expliquer que cette tendance ne se manifeste qu’à partir de 2006 pour la France, par exemple ? Et comment expliquer que le Danemark y a échappé, alors que ses voisins l’Allemagne et la Suède la subissent ?

Quelques soient les réponses, la plus grande question qui se pose désormais est de savoir comment renverser cette tendance, ou, tout au moins, l’atténuer.

 

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