Qu’attendre de la COP25 qui s’ouvre ce lundi?

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres EFE/ Javier Lizon

C’est une coïncidence du calendrier qui sonne comme un symbole. Alors que l’on décompte les transactions frénétiques du Black Friday, s’ouvre ce lundi la COP25, la grande conférence internationale en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique.

La conférence de cette année pourrait bien être la plus économique jamais organisée. Et ce, pour une raison aussi évidente qu’inquiétante: la nécessité. Pour de nombreux acteurs économiques, si de nouvelles mesures ne sortent pas de cette grand-messe de l’environnement, la seule mesure pour rendre le monde encore viable sera la décroissance. En cause, des engagements précédents qui n’ont pas été suffisants pour endiguer le réchauffement climatique et ses conséquences. L’ONU pointait dans un rapport, fin novembre, que la production actuelles d’émissions conduirait à une hausse de 3,2 degrés de la température globale. Les Accords de Paris prévoyaient pourtant une hausse maximale de 2 degrés, tout en gardant 1,5 en objectif.

Équilibre entre compétitivité et environnement

Au coeur des débats de cette année se retrouve l’accord sur les marchés du carbone. On retrouve là les certificats de CO2, lancés lors des accords de Kyoto et censés inciter les Etats à réduire leur émissions. Un plafond est imposé aux entreprises, mais ces dernières peuvent alors racheter des certificats carbone, selon leurs besoins. L’objectif est de réguler la production des émissions tout en laissant une marge de manoeuvre aux entreprises.

Ces certificats et leur mise en oeuvre sont encore loin de faire l’unanimité. Une des raisons est la volatilité de ce marché. Rien que cette année, la tonne de carbone a oscillé entre 16 et 30 euros, rapporte le journal Politico.

Pourtant, le mécanisme figure au centre de l’ambition européenne. La toute nouvelle Commission von der Leyen devrait arriver cette semaine avec sa mesure annoncée: un prix minimum pour le carbone dans l’Union européenne. Cette mesure devrait constituer un incitant pour les entreprises à réduire leurs émissions et à investir dans les énergies durables.

Il s’agit pour l’UE de s’afficher en leader des ambitions climatiques, tout en veillant à ne pas condamner la compétitivité de ses entreprises et de son marché.

Une crise générale

Mais cette année, la réunion internationale consacrée aux océans prend place dans un climat de crise. Symptôme révélateur, elle devait avoir lieu au Chili. Face à l’instabilité qui règne dans le pays, les organisateurs ont décidé de la déplacer à Madrid.

Les États-Unis ont par ailleurs indiqué à de nombreuses reprises leur volonté de quitter les accords de Paris.

Le contexte de guerres commerciales entre de nombreux Etats (la Chine et les Etats-Unis notamment, mais aussi ailleurs dans le monde) rendra certainement la concertation plus complexe. Une épine de plus qui risquerait bien de nuire à la bataille pour sauver l’environnement.