“Le Prix Nobel de la Paix d’Obama est embarrassant pour nous”

Il y a sept ans cette semaine, le Comité Nobel attribuait son Prix Nobel de la Paix à Barack Obama. Aujourd’hui, cette récompense est embarrassante, écrit Sohrab Ahmari dans le Wall Street Journal.

Il y a sept ans cette semaine, le Comité Nobel attribuait son Prix Nobel de la Paix à Barack Obama. Aujourd’hui, cette récompense est embarrassante, écrit Sohrab Ahmari dans le Wall Street Journal.

« Obama a pris l’avion pour Stockholm et il a donné l’un des discours qui sont sa marque de fabrique. Le «président-philosophe « était la coqueluche de l’Europe.Aujourd’hui, M. Obama ne mentionne quasiment jamais son prix, et l’ex-secrétaire du comité Nobel a exprimé son regret à propos de ce choix. (Obama a reçu le prix parce qu’il avait réussi à « réduire les tensions entre le monde musulman et l’Occident ». Entre-temps, ce même Obama a dirigé un pays qui, selon une étude fédérale sur les 30 prochaines années, consacrera 1.000 milliards de dollars au renouvellement de son arsenal nucléaire)Le comité qui a remis le prix avait l’espoir d’une Amérique qui ne jouerait plus les puissances hégémoniques (…) C’était le point culminant du transnationalisme, la philosophie selon laquelle tous les Etats – forts ou faibles, libres ou non – doivent se soumettre à des « normes » édictées par des professeurs de droit et des organisations internationales telles que les Nations Unies et l’Union Européenne. (…)Obama était (et demeure) un transnationaliste engagé. (…) Lors de son discours à la remise de son prix Nobel, à Oslo, il a déclaré : « Je suis convaincu qu’adhérer aux normes, aux normes internationales, renforce ceux qui le font, tout en isolant et affaiblissant ceux qui ne le font pas ».Les résultats du monde réel sont bien différents. Ils sont visibles à Alep, où le régime de Bachar al-Assad et ses alliés russes et iraniens sont sur le point de mettre à genoux le dernier bastion de l’opposition qui ne soit pas Daech en Syrie. Les forces syriennes bombardent les maisons et lancent des obus sur ce qui reste des bâtiments civils de la ville. Les pilotes de Vladimir Poutine rôdent dans le ciel, mettant les femmes et les enfants en feu avec leurs obus incendiaires.

Un revers stratégique de long terme

(…) Le problème, c’est que cette semaine, le Kremlin a déployé le système anti-aérien SA-23 Gladiator en Syrie pour la première fois. Le SA-23 peut abattre des avions, comme des missiles. C’est une police d’assurance pour le régime d’Al-Assad, qui élève les risques pour toute future action militaire américaine.Avec sa patience infinie pour les voyous, en d’autres termes, M. Obama a lié les mains de son successeur. Sans parler de la misère humaine en Syrie. Sans parler non plus des effets déstabilisants des millions de réfugiés sur les Etats voisins et l’Europe. L’expansion de l’influence de la Russie et de l’Iran au Moyen-Orient représente un revers stratégique de long terme.Les pilotes de M. Poutine sont aussi de plus en plus menaçants pour les nations européennes, et le ministère de la Défense française a révélé mercredi que les avions militaires russes avaient contourné les espaces aériens de la France, de la Norvège, de l’Espagne et du Royaume-Uni, forçant ces 4 pays à faire décoller immédiatement leurs jets. Ceci aussi, est le fruit d’un Washington plus humble que les Européens souhaitaient pour 2009. (…)Le Comité Nobel, et la classe intellectuelle dont il reflète les préférences, avait des idées plus nobles. En 2009, ils pensaient que sans « l’unilatéralisme » des Etats-Unis, le monde pourrait régler l’inimitié et le mal de la même manière que l’UE règle ses différends en matière de subventions agricoles. (…)Sept ans plus tard, les Européens sont à peine capables de régler leurs différends en matière de subventions, et le continent en a marre du président-philosophe ».