Pourquoi l’implosion énergétique attendue ne s’est pas matérialisée

Les températures anormalement élevées en ce début d’année ont quelque peu calmé les esprits sur le marché de l’énergie.

Pourquoi est-ce important ?

Au cours de l'été 2022, l'ombre d'un scénario apocalyptique a plané sur le marché européen de l'énergie en vue de cet hiver. Avec une combinaison d'une quantité de gaz réduite, de prix plus élevés et d'un hiver potentiellement froid, de nombreux Européens ont craint une véritable implosion énergétique.

Dans l’actualité : Finalement, toute cette panique semble avoir été inutile.

  • Dans toute l’Europe, des températures exceptionnellement élevées ont été enregistrées ces derniers jours. En Belgique, par exemple, le jour de l’An a été le plus chaud depuis et le jour de janvier le plus chaud depuis le début des mesures, en 1892.
  • C’était également le cas dans de nombreuses autres villes européennes. À Berlin, le mercure a atteint 16 degrés Celsius le jour de l’an et à Varsovie, le précédent record a été battu de plus de 5 degrés.
  • Ces températures inhabituellement élevées devraient se poursuivre en Europe dans les semaines à venir. Au cours des deux prochaines semaines, il n’y aura pratiquement pas de températures négatives sur la plus grande partie du continent, exception faite des pays nordiques.

L’histoire récente du gaz

En attendant : Les températures chaudes ne sont pas la seule raison de la baisse de la demande de gaz naturel.

  • L’Union européenne a pris des mesures cet été pour réduire fortement la consommation de gaz afin qu’il n’y ait pas de pénurie cet hiver. Le continent semble y être déjà parvenu : la réduction de 15% visée pour la période août-novembre s’est transformée en une réduction de 20%.
  • Même pendant la vague de froid de la mi-décembre, la consommation de gaz a été inférieure à la normale durant de telles périodes.
  • Mais même en dehors de la baisse de la consommation, l’Europe a trouvé d’autres fournisseurs de gaz naturel plus rapidement que prévu. Des pays comme les États-Unis et le Qatar ne sont que trop heureux de combler le vide laissé par la Russie, et l’Europe construit rapidement les infrastructures nécessaires pour recevoir des approvisionnements en gaz par voie maritime plutôt que par gazoduc.
  • Tout cela a entraîné une chute des prix du gaz par rapport à ces derniers mois. Au moment où nous écrivons ces lignes, le prix TTF, le prix de référence du gaz dans notre région, est d’environ 70,80 euros par mégawattheure.
  • Cela représente moins de la moitié du prix de décembre et un peu plus d’un cinquième du pic d’août, lorsque le prix a brièvement atteint 345 euros par mégawattheure. Il est également inférieur au niveau atteint au début de la guerre en Ukraine.
  • On notera tout de même que, ces derniers mois, l’AIE a prévenu que c’est surtout de l’hiver 2023-2024 dont il faudra se méfier. Principalement car l’Europe ne pourra plus compter sur le gaz russe pour remplir ses stocks, là où elle a pu le faire pendant la moitié de l’année écoulée. Sauf retournement de situation dans les mois à venir.

RVW

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