Les terminaux gaziers flottants, une solution avantageuse pour que l’Europe passe l’hiver au chaud ?

Les fournisseurs d’unités flottantes de stockage et de regazéification (FSRU) ont vu la demande exploser depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Ces terminaux gaziers flottants offrent plusieurs avantages par rapport à leurs homologues terrestres, de sorte que les pays européens se ruent dessus à mesure que l’hiver se rapproche.

Les prochains mois s’annoncent difficiles pour les ménages et entreprises européennes. La crise énergétique se profile en effet à l’horizon et fait craindre le pire, notamment des coupures d’électricité. Alors que la Russie a réduit de manière drastique ses approvisionnements vers l’Europe et que l’UE souhaite se débarrasser des énergies russes, la demande auprès d’autres fournisseurs d’énergie a explosé ces derniers mois, notamment auprès des États-Unis et de leur gaz naturel liquéfié (GNL). Mais sous cette forme, le gaz naturel ne peut être utilisé. Il doit être regazéifié. Un processus qui a principalement lieu dans des terminaux terrestres, sauf qu’en raison de la demande exponentielle, ils sont insuffisants. C’est là qu’entrent en scène les unités flottantes de stockages et de regazéification (FSRU).

Une demande en hausse

Les fournisseurs de ces unités ont vu la demande augmenter fortement au cours des derniers mois. Habituellement, ils gèrent entre 1 et 3 projets par an, mais « maintenant, nous avons constaté une ruée avec une dizaine de FSRU affrétés en moins de 6 mois », a déclaré Jonathan Raes, directeur des infrastructures chez Exmar, une société basée en Belgique, à Quartz.

Ces fameux terminaux gaziers flottants sont en réalité des bateaux qui jouent le rôle de stockage, mais aussi de centrale de regazéification. L’unité qui est reliée à une installation sur terre peut alors envoyer plus ou moins de gaz via un bras de déchargement.

Crédit : Total Energies

Des pays européens ont loué plus de 25 FSRU depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie et ce chiffre devrait continuer de croitre. Pourquoi une telle hausse de la demande ? Tout simplement parce que la mise en place de telles unités est plus rapide que des terminaux terrestres pour traiter le GNL. Et vu l’urgence de la crise énergétique en Europe, il est logique que les pays européens se tournent vers cette solution. D’autant plus que les FSRU présentent un autre avantage non négligeable.

Plus rapides à mettre en place, mais aussi moins cher

Installer un nouveau FSRU prend généralement 12 à 18 moins, mais dans l’urgence – comme c’est le cas actuellement –, ce délai pourrait être réduit de moitié. Utiliser les infrastructures existantes est en excellent moyen pour cela. « Si et où cela est possible, les développeurs de terminaux cherchent à réutiliser autant d’infrastructures disponibles et existantes. Cela réduit les coûts et comprime le calendrier », a déclaré Raes.

Six à neuf mois, ce n’est rien en comparaison des délais de construction de terminaux terrestres qui peuvent grimper jusqu’à 7 ans.

Et il faut également prendre en compte le coût financier. Alors qu’un nouveau terminal gazier terrestre coûte environ 700 millions d’euros, un nouveau FSRU ne coute qu’environ 260 millions d’euros. Et la transformation d’un méthanier en unité de stockage et de regazéification ne demande qu’environ 160 millions d’euros.

Cependant, les capacités de stockage des FSRU sont inférieures à celles des terminaux terrestres, environ 4 millions de tonnes contre 7,75 millions.

Les FSRU, une solution temporaire ?

Mais cet inconvénient ne représente pas grand-chose en comparaison des avantages des terminaux gaziers flottants qui ne s’arrêtent d’ailleurs pas là. Comme l’a souligné Jonathan Raes, les FSRU sont également « plus durables que les terminaux terrestres en raison de leur faible empreinte environnementale » – même si le GNL est plus polluant que le gaz canalisé.

Quant à leur durée de vie, si la durée moyenne des baux d’un FSRU est de 10 à 12 ans, « une fois sur place et en fonctionnement, la tendance est de les utiliser plus longtemps », sachant qu’ils peuvent rester en service jusqu’à 20 ans.

Les FSRU pourraient donc aider l’Europe à traverser la crise énergétique cet hiver, mais aussi à sortir des combustibles fossiles. Reste qu’une modernisation des terminaux flottants déjà en place ne serait pas une mauvaise idée. Ils pourraient d’ailleurs être utilisés pour stocker et traiter d’autres formes d’énergie, notamment du méthane de synthèse ou encore du gaz naturel à base d’hydrogène dans les années à venir.

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