Pourquoi n’avons-nous pas encore été contacté par des extraterrestres ? Nouvelle réponse possible pour cette vieille question

Les visiteurs venus d’ailleurs fascinent toujours, et ce bien au-delà des cercles de ceux qui « veulent croire » et voient des extraterrestres partout. Depuis quelques années, la question de la nature réelle des observations d’objets volants non identifiés (UFO en anglais, OVNI en français) fait régulièrement les gros titres, le Département américain de la Défense ayant admis qu’il ne pouvait expliquer de nombreux phénomènes étranges observés par ses pilotes de chasse, et ce depuis des années. Le Pentagone a même, en novembre dernier, nommé une équipe spéciale de « chasseurs d’OVNI » afin de traiter de la question. Mais est-il seulement possible qu’une autre civilisation progresse assez pour nous contacter ?

La question des OVNI s’invite à nouveau dans l’agenda politico-militaire des États-Unis. Les membres de la commission du renseignement de la Chambre des représentants vont tenir une audition publique sur les « phénomènes aériens non identifiés » pour la première depuis plus de 50 ans.

Le sous-secrétaire à la défense chargé du renseignement, Ronald Moultrie, et le directeur adjoint du renseignement naval, Scott Bray, témoigneront devant la commission des recherches et des conclusions récentes du ministère de la défense. Il ne faut bien sûr pas s’attendre à ce que le Congrès américain déclare publiquement, sans ambage ni fioriture, que des êtres venus d’autres systèmes solaires visitent régulièrement notre planète ; la théorie la plus probable concernant la majorité des OVNI reste qu’il s’agit d’engins militaires top-secrets déployés par des nations rivales, rappelle le média spécialisé dans les questions de défense Military Times.

Toujours pas la moindre bribe de preuve

Car non, nous n’avons toujours pas la moindre preuve probante, ni même le moindre soupçon crédible, d’un contact avec une civilisation venue d’ailleurs. Et pour le petit monde de l’astronomie c’est un fameux paradoxe, qui a d’ailleurs été exprimé par le physicien italien Enrico Fermi en 1950, alors qu’il débattait avec des amis de la possibilité d’une vie extraterrestre et d’une visite d’extraterrestres sur la planète Terre.

Pour résumer grossièrement, le scientifique partait du constat qu’il y a énormément de planètes dans l’univers, et que ce nombre rend probable que certaines d’entre elles soient habitées. Logiquement, certaines de ces nombreuses civilisations devraient être assez avancées pour développer la technologie des vols spatiaux. Ce qui nous laisse devant un constat paradoxal : où sont ces civilisations avancées qui, statistiquement, doivent exister ?

Où sont les voyageurs venus d’ailleurs ?

Michael Wong, de la Carnegie Institution for Science, et Stuart Bartlett, de Caltech, ont avancé une possible solution dans le journal de la Royal Society Interface. Et leur idée a le double mérite d’être à la fois fort simple et de faire écho à nos propres tergiversations sociétales actuelles : en faisant le choix de l’expansion, ces civilisations avancées se sont peut-être mises en danger, jusqu’à disparaître.

Les chercheurs partent du constat que les civilisations terrestres ont toujours perdu en stabilité au fur et à mesure qu’elles s’étendaient. Ils avancent donc que c’est la même chose dans l’espace, et que toute société qui s’étend trop loin, à la recherche de nouvelles ressources pour se maintenir, s’effondrera, avec des conséquences dévastatrices, bien avant d’avoir pu explorer la majeure partie de l’univers. À moins qu’une civilisation stable ne se trouve très proche, en termes astronomiques, nous n’en aurions donc pas connaissance.

Des civilisations mortelles

« Si une civilisation développe la capacité de comprendre sa propre trajectoire, elle disposera d’un laps de temps suffisant pour opérer un changement fondamental et donner la priorité à l’homéostasie et au bien-être à long terme plutôt qu’à une croissance inflexible » nuancent toutefois les chercheurs. Une civilisation pourrait donc se maintenir sur le long terme, à condition de cesser de vouloir s’étendre à tout prix pour soutenir ses besoins croissants en ressources et en énergie, précipitant ainsi sa chute.

Constat théorique, et leçon très concrète

Selon l’hypothèse de Wong et Bartlett, l’univers est rempli de civilisations à courte durée de vie qui privilégient la croissance et de civilisations à longue durée de vie qui choisissent l’homéostasie, soit le reflux volontaire et l’économie de moyens, résume IFLscience. Un constat théorique évidemment invérifiable, mais qui sous-entend donc que si les aliens ne se manifestent pas, c’est parce que leurs civilisations respectives s’effondrent avant de nous croiser sur leur route. Et c’est paradoxalement un constat plus positif que d’imaginer un univers où nous serions isolés, seule civilisation plus ou moins développée et grande exception à la règle. Mais c’est aussi une leçon pour nous et pour le chemin que nous voulons choisir pour notre espèce.

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