Pourquoi les réserves stratégiques de pétrole américain sont à leur plus bas niveau depuis 1985

Les réserves stratégiques de pétrole des États-Unis ont atteint leur point le plus bas depuis 1985, suite à la décision de l’administration Biden de libérer de grandes quantités. Un choix posé dans le but de freiner la montée en flèche des prix de l’or noir, ainsi que pour lutter contre l’inflation.

Les États-Unis disposent désormais de 453,1 millions de barils en réserve, lit-on dans les données du département américain de l’Énergie. Au début de l’année, la réserve contenait encore plus de 600 millions de barils.

Joe Biden semble tenir sa promesse de mars, lorsqu’il avait annoncé que les États-Unis libéreraient un million de barils par jour pendant les six prochains mois (soit environ 180 millions de barils) en raison de la hausse des prix du pétrole liée à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. En juillet, le président américain en avait rajouté, libérant 20 millions de barils supplémentaires, portant le total à 200 millions.

Chute des prix du pétrole

Selon les analystes, cette décision a contribué à la chute des prix du pétrole au cours des derniers mois. Tant le prix du baril de Brent, le prix de référence du pétrole en Europe, que le prix du baril de WTI, le prix de référence américain, ont sensiblement baissé au cours des deux derniers mois. Alors qu’en juin, ils tournaient tous deux autour de 120 dollars, les prix flirtent maintenant avec la barre des 90 dollars depuis plusieurs semaines.

Cependant, la libération des barils en réserve n’est pas la seule ni même la principale raison de la chute des prix du pétrole. En effet, la crainte du spectre de la récession a fortement augmenté dans de nombreuses régions du monde, entraînant une baisse de la demande.

D’autres pays doivent également libérer davantage de pétrole, estime le gouvernement américain. En avril, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) avait déjà annoncé que ses membres (USA non compris) libéreraient quelque 60 millions de barils. Cela devrait porter le total mondial à 260 millions de barils d’ici octobre, ce qui devrait réduire sensiblement la pression sur le marché.

Production mondiale de pétrole

Mais la libération des barils n’est pas la seule tactique utilisée par les gouvernements. Les pays de l’OPEP, ainsi que leurs alliés, ont promis en juillet d’augmenter leur production de pétrole de quelque 648.000 barils par jour. Toutefois, ces objectifs n’ont pas été atteints : le cartel a même produit près de 3 millions de barils par jour de moins que prévu le mois dernier.

Mardi, un autre coup a été porté au marché mondial du pétrole : Abdulaziz Ben Salmane, ministre saoudien de l’Énergie, a déclaré que l’OPEP+ pourrait être contrainte de réduire sa production. Cela serait dû à la fluctuation de la demande sur le marché, ce qui dissuaderait les investisseurs. Les pays de l’organisation pétrolière menée par l’Arabie saoudite manipulent toujours peu subtilement les prix.

Pour beaucoup, l’accalmie actuelle des prix du pétrole pourrait prendre fin d’ici la fin de l’année, et repartir à la hausse, avant l’arrivée de la récession.

(OD)

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