Pourquoi les passagers du vol MH 17 n’ont probablement pas beaucoup souffert

Au Conseil de Sécurité des Nations Unies, le ministre néerlandais des Affaires Etrangères Frans Timmermans a tenu un discours émouvant sur la destruction de l’avion de Malaysia Airlines au-dessus de l’Ukraine au cours duquel il s’est arrêté de manière passionnée sur les derniers moments des victimes qui doivent s’être rendu compte qu’elles étaient vouées à la mort.

Selon les spécialistes, c’est peut-être une consolation de savoir que les passagers n’ont jamais su ce qu’il se passait et n’ont pas non plus souffert. Lors de cette catastrophe, 298 personnes ont trouvé la mort. Une grande partie d’entre eux étaient des Néerlandais.

« Jusqu’à ce que les spécialistes aient réussi à examiner l’endroit du crash, à analyser les boîtes noires de l’appareil et jusqu’à ce qu’une autopsie des corps ait été effectuée, il sera difficile de dire exactement ce qui est arrivé à cet avion et à ses passagers », ajoute Kevin Loria, rédacteur scientifique auprès du magazine Business Insider.

« Le sort des passagers a en grande partie été déterminé par les dégâts que l’appareil a subis », mais selon Dough Richardson, rédacteur en chef du magazine Jane’s Missiles & Rockets, « les occupants n’ont peut-être jamais su ce qu’il se passait ». 

« Le missile Buk qui a sans doute abattu l’appareil a normalement explosé juste avant d’avoir atteint sa cible », explique Richardson. « Du fait de cette explosion, des shrapnels ont été projetés dans tous les sens et ils ont sans doute transpercé la carcasse de l’appareil en de nombreux endroits ».

« Cela a causé une décompression subite à cause de laquelle les passagers ont presqu’immédiatement perdu conscience et n’ont pas réalisé ce qui s’est passé ensuite ». Le point de vue de Richardson est totalement partagé par David Cenciotti, rédacteur en chef du magazine The Aviationist.

« Il n’est pas facile d’imaginer ce qu’il s’est passé, mais je pense que l’avion a été transpercé par l’onde choc du missile », dit Cenciotti. « L’explosion et les éclats auront conduit à une décompression immédiate, à un incendie, à une panne d’électricité et à l’impossibilité de manœuvrer l’appareil ».

Le chirurgien James Vosswinkel, spécialiste en traumatologie, dit que lors d’une explosion dans les airs, par une température de moins 50 degrés et à une vitesse de 800 kms /heure, il n’y a aucune chance de survie. La perte de la pression en cabine a, selon Vosswinkel, conduit à une hypoxie en quelques secondes, ce qui signifie que tout le monde a perdu conscience presqu’immédiatement.

« Personne n’était encore conscient ou ne s’est rendu compte de la chute de l’appareil », selon Vosswinkel.