Pourquoi les actifs des banques et entreprises occidentales ne reviendront probablement jamais de Russie

Goldman Sachs aura donc sonné la charge. Il s’agit de la première grande banque occidentale à se retirer de Russie, après son invasion de l’Ukraine. La banque sera certainement suivie par d’autres alors que plus de 300 grandes entreprises ont déjà mis les voiles.

Le géant de Wall Street a déclaré ce jeudi qu’il « mettait un terme à ses activités en Russie conformément aux exigences règlementaires et d’autorisation », a indiqué un porte-parole de Goldman Sachs.

Les banques européennes sont plus exposées

La banque ouvre la voie aux autres. Mais les banques internationales disposent de 121 milliards de dollars de créances en Russie. Les banques européennes sont d’ailleurs plus exposées que les banques américaines avec respectivement 84 milliards contre 14,7 milliards de dollars. Goldman Sachs, à titre personnel, a une exposition de crédit de 650 millions de dollars.

Les banques françaises sont particulièrement vulnérables. La Société Générale qui a affirmé la semaine dernière qu’elle appliquera les sanctions internationales déclare avoir 21 milliards de dollars d’exposition. BNB Paribas a une exposition de 3 milliards de dollars. Credit Suisse, 1 milliard, la Deutsche Bank, 1,5 milliard. Plus exposée, la banque italienne UniCredit 8,1 milliards de dollars.

Les 3 grandes agences de notation ont déclaré la Russie au bord du défaut de paiement de sa dette souveraine. Moscou a promis de riposter aux sanctions, et certaines banques ont laissé entendre que leurs actifs pourraient être saisis ou nationalisés par le Kremlin.

La BCE rassure

Un coup dur, mais pas un problème systémique qui nous mènerait dans une nouvelle crise financière. La plupart des grandes banques européennes ont déjà déclaré disposer d’assez de liquidités pour faire face au pire des scénarios. Quant aux banques américaines, 14 milliards de dollars, c’est une broutille.

« La Russie est importante en termes de marchés énergétiques, en termes de prix des matières premières, mais en termes d’exposition du secteur financier, du secteur financier européen, la Russie n’est pas très pertinente », a déclaré Luis de Guindos, vice-président de la banque centrale.

« Les contraintes et les tensions que nous avons observées ne sont pas du tout comparables à ce qui s’est passé au début de la pandémie », a-t-il ajouté.

Des entreprises nationalisées ?

Plus de 300 grandes entreprises ont déjà mis les voiles. Coca-Cola, McDonald’s et Pepsico sont les derniers mastodontes à avoir pris leur décision de ne plus opérer en Russie.

Là encore, la Russie a déclaré qu’elle pourrait saisir les actifs des entreprises occidentales, elle veut riposter à « cette guerre économique ».

« Nous devons agir de manière décisive contre les [entreprises] qui vont fermer leur production », a déclaré Poutine dans une vidéo postée par le Kremlin et diffusée sur les médias d’État. « Il est nécessaire, alors (…) d’introduire une gestion externe, puis de transférer ces entreprises à ceux qui veulent travailler. »

Comprendre: si ces entreprises quittent le navire, la Russie les nationalisera. On n’en est pas encore là. Pour le moment, les entreprises ont suspendu leurs activités, mais ont maintenu les emplois et parfois les salaires.

Mais dans le scénario du pire, les entreprises occidentales savent ce qui les attend.

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