Pourquoi il est quasiment impossible de louer un appartement à Stockholm

Le nouveau gouvernement suédois, qui vient d’être élu ce dimanche, commence son mandat avec un problème urgent à régler : il devient de plus en plus problématique de trouver un logement dans la capitale Stockholm, explique Tali Trigg de Quartz.

Ces difficultés ont deux causes principales : d’abord, la durée d’attente pour obtenir un nouvel appartement est désormais d’environ 15 ans à Stockholm, et d’environ 7,7 ans si l’on inclut la grande banlieue de la capitale suédoise.

De plus, au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la Suède se distingue comme étant le pays avec le nombre le plus faible de personnes qui composent le foyer moyen, parce qu’une proportion très élevée de Suédois vivent seuls.

Ainsi, la famille moyenne suédoise se compose de 1,99 personne, contre 2,63 personnes pour le reste de l’OCDE. Une famille moyenne de la capitale Stockholm comprend 2,1 personnes, quasiment le chiffre le plus bas du monde, alors que le logement moyen a une superficie de 41 m², une taille comparable à ceux des autres pays.

Ce facteur est peut-être renforcé par un autre phénomène : selon Eurostat, plus de la moitié des Suédois ont quitté le foyer familial à l’âge de 21 ans, l’un des plus forts pourcentages au sein de l’UE.

En conséquence, Stockholm est l’une des rares villes du monde où il est impossible de trouver un nouvel appartement rapidement lorsque l’on envisage de déménager. Soit il faut s’inscrire sur une liste d’attente qui comprend déjà près de 500.000 noms, ou passer par l’une des coopératives qui possède 28% des logements. La plus grande d’entre elles n’a aucun appartement disponible pour Stockholm et sa grande banlieue.

La capitale suédoise manquait ainsi de 431.144 logements à la fin de l’année dernière, soit 8% de plus que l’année précédente.

Selon l’économiste lauréat du Prix Nobel Paul Krugman, le marché suédois de l’immobilier serait affecté par une « bulle significative ». Au cours des 13 dernières années, les prix des maisons ont augmenté de 300%. Cependant, le gouverneur adjoint de la banque centrale suédoise ne partage pas cette opinion, estimant que d’autres facteurs fondamentaux entrent en ligne de compte pour expliquer ces phénomènes, notamment la rapide urbanisation et le faible nombre de logements construits.

Les partis politiques suédois sont conscients de ces difficultés, et dans leur campagne, ils ont proposé d’accélérer la construction de nouveaux logements, voire, de se focaliser sur la construction d’appartements plus petits. Il y a des efforts à faire dans ce domaine, car le rythme de construction des propriétés est trop lent, et son coût est 72% plus élevé que la moyenne de l’UE.

Ce sont les jeunes et les immigrés qui pâtissent le plus de cette situation. Pour eux, louer un appartement est presque inaccessible. Au cours de la dernière décennie, 35.000 propriétés ont été alloties en appartements, et les candidats à la location de simples studios doivent souvent s’acquitter d’un « pas-de-porte » clandestin qui peut atteindre 20.000 euros rien que pour signer un contrat de location.