Principaux renseignements
- La Russie construit sa première nouvelle classe de destroyers depuis l’ère soviétique.
- Ces navires de guerre de 9 500 tonnes permettront de rétablir les capacités opérationnelles en eaux profondes et le déploiement mondial.
- L’expansion navale vise à dissuader l’ingérence occidentale dans le commerce maritime russe.
Pour la première fois depuis l’ère soviétique, la Marine russe lance un programme de construction d’une nouvelle classe de destroyers. C’est ce qu’écrit Military Watch Magazine.
L’amiral Alexandre Moiseyev, commandant en chef, a confirmé le besoin urgent d’un navire de combat hauturier de 9 500 tonnes afin de rétablir les capacités opérationnelles en eaux profondes qui se sont érodées au cours des trente dernières années. Ce changement stratégique marque une volonté du ministère de la Défense de diversifier sa flotte, en allant au-delà de l’accent mis auparavant sur les sous-marins, les frégates et les navires plus petits équipés de missiles.
Destroyeurs
Le navire de guerre proposé aura une masse environ deux fois supérieure à celle des frégates de la classe « Amiral Gorshkov », qui constituent actuellement les plus grands navires de surface construits depuis l’effondrement de l’Union soviétique. L’amiral Moiseyev a souligné que ces navires sont essentiels pour un déploiement mondial à long terme, précisant que ce besoin est déjà intégré dans les plans stratégiques et les prochains calendriers de construction navale.
Cette évolution met fin à une longue période de dépendance vis-à-vis de croiseurs et de destroyers obsolètes de l’ère soviétique, tels que les classes « Sovremenny » et « Udaloy », qui n’ont jamais été remplacés en raison des crises financières et du déclin de l’industrie navale nationale.
Commerce maritime
La volonté de se doter de ces navires plus grands est en partie motivée par la nécessité de protéger le trafic maritime commercial. La Russie est confrontée à des tensions croissantes avec les membres de l’OTAN, qui auraient pris pour cible des navires civils russes, iraniens et vénézuéliens. Un événement marquant a été la perte, en décembre 2024, d’un cargo russe transportant des réacteurs nucléaires près de l’Espagne, un incident largement attribué à un sabotage occidental.
En conséquence, Nikolaï Patrouchev, président du Conseil maritime russe, a fait valoir qu’une présence navale constante dans les eaux internationales était nécessaire pour empêcher les puissances européennes d’entraver le transport maritime russe. Il a averti que, sans une forte force de dissuasion, les nations occidentales pourraient tenter de bloquer l’accès de la Russie à l’Atlantique, suggérant que la marine devait être prête à recourir à la force contre une telle « piraterie ».
De l’ambition à la réalité
Historiquement, la Russie s’est lancée dans un projet plus ambitieux au début des années 2010, connu sous le nom de projet 23560 « Lider ». Celui-ci prévoyait un croiseur de combat à propulsion nucléaire pesant jusqu’à 19 000 tonnes et doté d’immenses capacités de frappe. Cependant, ce projet n’a jamais dépassé le stade conceptuel, ce qui a conduit les critiques à se demander s’il ne s’agissait pas simplement d’une opération de propagande. Par ailleurs, des discussions ont porté sur un « Super Gorshkov » (projet 22350M), qui aurait constitué une version agrandie de la frégate existante afin de minimiser les risques techniques.
L’exigence actuelle de 9 500 tonnes représente un compromis entre l’échelle irréaliste du Lider et la conception modeste du Gorshkov. Bien que les données techniques spécifiques restent rares, la taille prévue du navire le place dans une catégorie similaire à celle des destroyers sud-coréens de la classe « Sejong le Grand » ou japonais de la classe « Maya ». (fc)
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