Pour remplacer les énergies fossiles, l’AIE voit l’énergie solaire triompher

Une installation de panneaux solaires dans le comté de Ruicheng, dans la province du Shanxi, en Chine centrale. (AP Photo/Sam McNeil)

La réponse mondiale face à la pandémie de coronavirus aura un impact décisif sur l’évolution du secteur de l’énergie au cours des prochaines années, indique l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son rapport annuel publié ce mardi.

Les chercheurs préviennent toutefois qu’il est encore trop tôt, à ce stade, pour déterminer si la crise du coronavirus agira comme un frein ou une incitation à la transition vers un système énergétique durable.

Le rapport prévoit par ailleurs que la demande de pétrole atteindra un pic d’ici la fin de la décennie, avant de diminuer. Quant à l’énergie solaire, elle est présentée comme le nouveau fer-de-lance du marché mondial des énergies renouvelables.

Diminution des coûts

‘Les ressources renouvelables joueront sans aucun doute un rôle de premier plan sur le marché mondial de l’énergie dans le futur’, explique Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie. ‘L’énergie solaire, stimulée par la baisse des coûts et des politiques gouvernementales favorables, sera au cœur de cette évolution. Il sera possible de mettre en service une nouvelle capacité record d’énergie solaire chaque année au cours de la période à venir.’

D’autre part, l’agence prévoit que la demande de charbon ne reviendra jamais au niveau enregistré avant le déclenchement de la crise du coronavirus. ‘Dans vingt ans, le charbon représentera moins de 20% de la consommation totale d’énergie’, indique le rapport. ‘Ce sera le niveau le plus bas depuis la révolution industrielle.’

En raison de l’impact persistant de la crise du coronavirus, la demande mondiale en énergie diminuera de 5% cette année, selon l’agence. Et les consommations de charbon et de pétrole diminueront respectivement de 7% et 8%.

‘La demande de gaz naturel devrait également diminuer de 3% cette année’, poursuit le rapport. ‘C’est la plus forte baisse depuis que le produit est devenu un combustible important dans les années 1930. Toutefois, en raison de la croissance des économies émergentes, la demande en gaz continuera à progresser au cours de cette décennie.’

Des réseaux obsolètes

Toujours selon l’agence, les énergies renouvelables sont la seule source énergétique qui pourra connaître une croissance cette année. ‘L’énergie solaire est au centre de ce phénomène’, affirme le rapport. ‘Cette tendance va se poursuivre dans les années à venir. En raison de la baisse des coûts, l’énergie solaire finira par devenir moins chère que les nouvelles centrales au charbon ou au gaz.’

‘Les sources renouvelables pourraient couvrir 80% de l’augmentation de la demande mondiale en électricité au cours des dix prochaines années. À mi-parcours de cette décennie, les sources d’énergie renouvelables dépasseront le charbon comme principal moyen de production d’électricité. Selon les politiques menées, cette évolution pourrait même être encore plus rapide.’

Selon Fatih Birol, les réseaux électriques obsolètes constituent toutefois le plus grand obstacle à une transformation fluide vers un approvisionnement énergétique plus durable. ‘La distribution est le maillon faible qui peut compromettre la sécurité et la fiabilité de l’approvisionnement énergétique’, prévient Birol.

Il souligne également que les émissions mondiales du secteur de l’énergie devraient diminuer de 7% cette année. Cette baisse est directement liée aux lockdowns, ainsi qu’aux autres mesures prises pour tenter de contenir la propagation du coronavirus.

‘Mais on ne peut en aucun cas parler d’un impact à plus long terme’, conclut l’Agence internationale de l’énergie. ‘Car après tout, la baisse n’est que le résultat d’un événement ponctuel, et non d’un changement structurel.’

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