Le cours du pétrole observe sa plus grosse baisse en deux ans, mais il ne faut pas s’attendre à un retour à la normale de sitôt

Le cours du pétrole redescend après l’annonce des Émirats Arabes Unis d’extraire plus de pétrole, et l’annonce de l’AIE de puiser plus dans les réserves stratégiques. Mais le pétrole russe, sous sanctions ou boycotté par les acheteurs, ne sera pas remplacé de sitôt.

Les prix sont encore loin de ce qu’ils étaient avant le mois de décembre, mais dans un premier temps, les marchés ont positivement interprété l’annonce des Émirats Arabes Unis de fournir plus de pétrole au marché. Le cours du baril de Brent a perdu 16,84 dollars (soit 13,2%) pour clôturer la journée à 111,14 dollars. Depuis avril 2020, il n’avait plus connu une telle chute sur une journée. Le WTI de son côté a observé sa plus forte baisse journalière depuis novembre, avec 15,44 dollars, soit 12,5%, pour s’établir à 108,70 dollars, rapporte Reuters.

L’annonce des Émirats intervient dans un contexte d’envolée des prix suite aux sanctions imposées à la Russie pour sa guerre en Ukraine. Les États-Unis ont par exemple boycotté le pétrole et le gaz russe, mardi, et ont appelé les autres pays producteurs à extraire plus. Biden a tenté de joindre l’Arabie Saoudite et les Émirats, mais ces deux pays ont tout simplement ignoré ses appels.

Mais mercredi soir, l’ambassadeur émirati auprès des États-Unis, Yousuf Al Otaiba, s’exprime via le fil Twitter de l’ambassade : « Nous sommes favorables à une augmentation de la production et nous encouragerons l’OPEP à envisager des niveaux de production plus élevés ».

Une autre nouvelle qui a fait baisser les prix était que l’Agence internationale de l’énergie a indiqué que les pays pourraient davantage puiser dans leur réserve stratégique. La semaine dernière déjà, elle avait indiqué que 60 millions de barils pourraient en être extraits, en tant que « première réponse ».

C’est peu face aux barils russes

L’Arabie Saoudite et les Émirats sont considérés comme les seuls pays qui auraient encore une capacité de réserve, c’est-à-dire qui pourraient produire plus que ce qu’ils ne produisent actuellement. Mais combien les Émirats vont-ils extraire davantage?

« Cette augmentation potentielle de la production n’est pas rien. Les Émirats Arabes Unis peuvent probablement apporter environ 800.000 barils par jour sur le marché très rapidement, voire immédiatement, ce qui nous permettrait de remplacer l’offre russe à hauteur d’un septième », explique Bob Yawger, spécialiste de l’énergie auprès de Mizuho, à Reuters.

La Russie met effectivement sept millions de barils sur le marché, tous les jours. Le marché et les politiques réfléchissent à des solutions, comme recourir au pétrole iranien ou vénézuélien, ou augmenter la production des pays de l’OPEP+ (qui au début de ce mois a de nouveau décidé de ne pas augmenter sa production de plus de 400.000 barils par jour ce mois-ci). Mais le constat est sans appel : la production russe sera irremplaçable dans l’immédiat.

Les prix ne devraient donc pas redescendre à la « normale » avant un bout de temps.

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