Peu de vent frais à Wall Street: à quand le grand retour des IPO ?

Beaucoup moins d’entreprises font des introductions en bourse cette année. Le contexte économique est particulièrement défavorable aux introductions de nouveaux acteurs. Mais dès la fin de l’année, les IPO pourraient reprendre de plus belle.

2021 était une année spectaculaire pour la bourse, tant en termes de rendements qu’en termes d’introductions en bourse (initial public offering, IPO) et de montants récoltés. Mais cette année, la tendance s’est inversée.

Selon les données de Renaissance Capital, il y a eu 53 IPO actées depuis le début de l’année, soit plus de 80% en moins que l’année passée. 94 entreprises ont de leur côté fait des demandes d’IPO, ce qui est une baisse de 70% par rapport à 2021. Les sommes levées avec ces IPO sont aussi en chute : les introductions ont rapporté 4,5 milliards de dollars, mais c’est 95% en moins que l’année dernière.

Contexte défavorable

Depuis le début de l’année, les choses ne sont plus si roses à Wall Street. Les différents indices, comme le Nasdaq et le S&P 500 ont passé des semaines en territoire de bear market, soit à plus de 20% en dessous de leur sommet précédent, et sont aujourd’hui encore loin de leur sommet (malgré une reprise depuis deux mois). Ce contexte de chute générale n’est pas de bon augure pour les entreprises qui voudraient sauter le pas.

Dans cette baisse générale, les chiffres des entreprises concernées par des IPO sont les plus catastrophiques, qui plus est. Les cours des actions des entreprises introduites en 2021 sont par exemple fortement en baisse, comme le montre l’exemple de RobinHood (qui a perdu plus de 75% depuis son introduction). Nombreuses d’entre elles ont montré des signes de faiblesse peu après leur introduction. Les cours des introductions plus récentes sont aussi très fortement en baisse. L’indice IPO de la bourse de New York, qui est régulièrement mis à jour avec les actions des plus récentes IPO, est dans le rouge à hauteur de 40% (depuis le début de l’année).

L’inflation, la hausse des taux d’intérêt et les risques de récession poussent de nombreux investisseurs à retirer leurs billes pour des valeurs sûres, ce qui est surtout défavorable à de tels nouveaux acteurs. Dans ce contexte, les entreprises qui sont en passe d’être introduites en bourse voient leur capitalisation baisser constamment. Instacart, une application de livraison de courses, a par exemple déposé sa demande et prépare ses dossiers. De 39 milliards de dollars en 2021, sa capitalisation est passée à 24 milliards plus tôt cette année, et les prochaines évaluations pourraient encore être plus basses, rapporte CNN Business.

Vers une amélioration en fin d’année?

Pour certains grands noms, le bruit court qu’une à Wall Street est dans le pipeline, comme pour Epic Games (qui vaudrait 31,5 milliards de dollars), la société d’investissement crypto FTX (32 milliards de dollars), et bien sûr le propriétaire de TiktTok, ByteDance, ainsi que SpaceX, qui dépasseraient tous deux la barre des 100 milliards de dollars.

Pour de plus petits acteurs, la situation pourrait aussi commencer à s’améliorer. La reprise du marché, depuis la mi-juin, pourrait donner un certain momentum à des IPO, tout comme le fait que l’inflation a (selon de nombreux observateurs) dépassé un pic.

Will Braeutigam, expert en marchés financiers pour Deloitte, explique à CNN qu’entre la fin de l’année et le début de l’année prochaine, il pourrait y avoir un plus grand nombre d’introductions en bourse. « Le marché en sait plus aujourd’hui sur l’inflation et sur la façon dont la Fed la dompte », analyse-t-il. « Le soleil est en train de se lever. Les choses s’améliorent. »

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