Pete Buttigieg abandonne la course à la Maison Blanche et ouvre la voie à Joe Biden

Santiago Flores/South Bend Tribune via AP

Pressenti comme un des favoris depuis sa victoire dans l’Iowa, Pete Buttigieg a finalement jeté l’éponge dans la course à la primaire démocrate. Une décision prise à deux jours du fameux ‘Super Tuesday’.

Ce n’est pas encore tout de suite que les États-Unis auront leur premier président revendiqué homosexuel. Le candidat modéré Pete Buttigieg a annoncé ce dimanche se retirer de la course démocrate à la Maison Blanche, rapportent les médias américains. S’il a pu se hisser au premier rang des primaires et faire la une de tous les médias, il a pourtant échoué à constituer une large coalition d’électeurs… Un échec renforcé par une lourde défaite en Caroline du Sud samedi. Le coup de grâce.

Ex-maire de South Bend dans l’Indiana et souvent attaqué par ses adversaires sur son jeune âge (38 ans), Pete Buttigieg était aussi le premier grand candidat ouvertement gay à se présenter à l’élection présidentielle. Il avait fait sensation pour sa victoire lors du premier caucus dans l’Iowa, un État qui annonce (très) souvent le candidat démocrate à la présidence. Ce ne sera finalement pas le cas cette année. Les observateurs estiment qu’il n’a pas su convaincre les électeurs de couleur en particulier, tant Afro-américains qu’Hispaniques.

‘Notre objectif a toujours été d’aider à rassembler les Américains pour battre Donald Trump’, a déclaré Pete Buttigieg, expliquant n’avoir eu d’autre choix que de se retirer et ‘d’aider à rassembler’ le parti lors d’un discours dans sa ville de South Bend. Comme sa première prise de parole après la victoire dans l’Iowa, sa dernière comme candidat fut également chargée d’émotion.

Bonne nouvelle pour Biden

Un abandon dont doit s’en frotter les mains Joe Biden, à n’en pas douter. L’ex-vice président de Barack Obama est revenu dans la course samedi, avec une percée fulgurante en Caroline du Sud. Sa large victoire devant ses opposants suffisait déjà à lui insuffler une nouvelle dynamique, encore décuplée par l’abandon de Pete Buttigieg. Même le président Donald Trump l’a admis sur Twitter: Joe Biden sera le grand bénéficiaire de son départ.

Candidat modéré aussi, Joe Biden, âgé de 77 ans, fait valoir son expérience en matière de politique pour battre son plus grand rival: le socialiste Bernie Sanders (78 ans). Nettement plus à gauche, ce dernier a déjà dû s’incliner devant l’ex-vice président qui a réuni quasiment la moitié des suffrages exprimés en Caroline du Sud (48,4 %)… Plus du double de Bernie Sanders (19,9 %), deuxième.

‘C’est un gros coup de fouet pour nous’, s’est félicité Joe Biden dans la foulée dimanche sur CNN. ‘Les gens ne veulent pas d’une révolution’, a-t-il poursuivi, en référence au programme de Bernie Sanders jugé trop à gauche. ‘Le parti démocrate veut un démocrate’, a-t-il déclaré sur Fox. ‘Pas un socialiste, pas un ancien républicain.’

Mais il faudra encore batailler avant de crier victoire. Son rival socialiste a d’ailleurs lancé un signal fort en direction des électeurs de Buttigieg en le félicitant. ‘Ce soir, je veux juste souhaiter la bienvenue à tous ses partisans dans notre mouvement et les exhorter à se joindre à nous dans la lutte pour un réel changement dans ce pays’.

Bernie Sanders a en outre récolté quasiment le double du montant levé par son équipe de campagne (134 millions de dollars contre 70). Sans compter les 500 millions de dollars dépensés en publicités par le candidat milliardaire Michael Bloomberg, une première. Il fera son entrée dans la course ce mardi.

Super Tuesday

Cette décision de Buttigieg tombe effectivement deux jours à peine avant le ‘Super Tuesday’ ce mardi 3 mars, la plus importante journée électorale de la primaire. Un tiers des démocrates seront invités à se prononcer dans 14 États (et un territoire) pour désigner le candidat qui aura la lourde tâche de vaincre le Républicain Donald Trump, lors de l’élection présidentielle américaine le 3 novembre. Le marasme démocrate lui a pour l’instant bien profité, lui qui dénonce le manque de consensus au sein du parti rival.

‘Pour battre Trump, nous allons avoir besoin de la plus forte participation de l’histoire de ce pays’, a expliqué sur ABC Bernie Sanders. ‘Et je ne crois pas que ce soit faisable si vous n’avez pas un message qui résonne au sein de la classe ouvrière et des classes moyennes.’

Une journée importante qui sera un challenge aussi pour Joe Biden, mal positionné dans de nombreux États en jeu, comme la Californie et le Texas. Mais l’ancien vice président se veut ambitieux et affirme qu’il pourrait rassembler au-delà de la base démocrate dans des États qui balancent entre républicains et démocrates.

Il ne sont désormais plus que six à briguer l’investiture démocrate… Six, dont trois hommes approchant des 80 ans.

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