Paul Magnette (PS) tacle les Verts : « Sur les questions sociales et fiscales, nous sommes seuls, c’est un fait »

Après les tentatives des libéraux de refaire le match, le président du PS contre-attaque dans une interview accordée à La Libre. Il n’est en aucun cas question de sanctionner les chômeurs et les malades de longue durée. Paul Magnette estime en outre que le PS a été isolé sur les questions sociales lors du conclave budgétaire.

Dans l’actu: l’accord budgétaire a laissé des traces. Chacun interprète à sa sauce les détails qui n’ont pas été réglés. La patate chaude est renvoyée aux partenaires sociaux.

  • Le coup de bluff et du fait accompli à l’issue du conclave budgétaire laisse pas mal de zones d’ombre. Le président du PS pointe une nouvelle fois du doigt – sans le dire – la méthode De Croo qui consistait à empiler les dossiers en vue d’un grand accord, mais qui a eu l’effet d’un entonnoir.
  • Les libéraux ont estimé qu’il y avait un accord à l’issue du conclave budgétaire alors que pour les socialistes, il n’y en avait pas. S’en sont suivies plusieurs heures d’incertitude qui ont finalement débouché sur un accord bancal.
  • Car comme pour les négociations de l’accord de gouvernement de la Vivaldi, l’équipe fédérale a tout concentré en quelques jours de négociation. Dans une certaine forme de précipitation, pour permettre au Premier ministre De Croo de tenir son discours de politique générale pour la rentrée parlementaire lors du 2e mardi d’octobre.
  • Ce week-end, le président du MR Georges-Louis Bouchez a appuyé sur ces zones d’ombre. L’affrontement entre libéraux et socialistes se poursuit, chacun les interprétant à sa manière.
  • GLB est revenu avec l’idée de sanctionner les chômeurs de longue durée qui refuseraient d’accepter deux propositions de métiers en pénurie. Il espère aussi que les conditions du travail de nuit et dominical seront assouplies. De même que la semaine des 4 jours à salaire égal mais avec le même nombre d’heures prestées.

L’interprétation socialiste: « Jamais le PS ne sanctionnera un demandeur d’emploi ».

  • Face aux libéraux mais aussi sous la pression de la FGTB, le PS a voulu mettre les points sur les i. « Il n’y aura pas de sanctions à l’égard de personnes malades de longue durée qui refusent un emploi. Vous pouvez l’écrire trois fois », appuie Paul Magnette.
  • N’était-il pourtant pas question d’une sanction de 2,5% des revenus pour les malades qui ne répondraient pas à un questionnaire ou se présenteraient chez un médecin-conseil après un certain temps ? « Il s’agit juste d’une question de procédure. Une personne qui a reçu de nombreux rappels qui n’y répond pas, qui refuse de voir un médecin-conseil, etc. peut recevoir une amende. On parle de 30 euros. On est beaucoup plus sanctionné lorsqu’on jette un mégot en rue », répond le socialiste. Paul Magnette préfère responsabiliser les entreprises et les sanctionner si elles prenaient la maladie comme motif de licenciement.
  • Sur le travail de nuit, la marge de manœuvre se situe sur le travail en soirée. Le PS se dit prêt à discuter d’un aménagement du travail jusque minuit, pas plus tard. « Les libéraux doivent comprendre qu’on n’est plus dans le gouvernement Michel. Nous n’accepterons pas qu’ils imposent le travail de nuit comme nous n’accepterons pas leur semaine des 4 jours. »

Le détail: Les socialistes se disent isolés sur les questions sociales.

  • Paul Magnette regrette que le bloc de gauche ne soit pas plus monolithique: « Sur les dossiers socio-économiques plus classiques, ce n’est pas un bloc. On l’a vu sur l’accord interprofessionnel et on l’a encore vu, ici, sur le marché du travail, les écologistes sont soit équidistants entre socialistes et libéraux soit plus du côté des libéraux. Il n’y a pas un bloc socio-économique de gauche. »
  • Le vice-premier ministre Pierre-Yves Dermagne a dû se battre seul sur les questions sociales, estime Magnette: « Il faut se rendre compte qu’il est vraiment seul au monde au sein du gouvernement. C’est compliqué. Les libéraux forment plus ou moins un bloc. Heureusement pour nous ils se disputent entre eux. Le CD&V est neutre ou plutôt du côté du VLD et les écologistes, j’en ai déjà parlé. Nous sommes seuls, en compagnie de Vooruit avec qui nous n’avons pas toujours la même lecture en fonction des dossiers. Pierre-Yves fait un travail de résistance dure. Sur les questions sociales et fiscales, nous sommes seuls, c’est un fait. »
  • Le tacle est appuyé contre les Verts: « Les écologistes se disent que les socialistes vont faire le job et eux se concentrent sur les questions environnementales. Ils ne s’opposent pas mais on aimerait bien être soutenus de temps en temps. »

L’enjeu: on reporte la crise ?

  • Sur le travail de nuit (dites désormais « de soirée ») ainsi que sur la semaine de 4 jours, c’est donc aux partenaires sociaux de trouver un accord.
  • Ils disposent pour cela d’un délai de 3 mois, ce qui a été précisé en Conseil des ministres ce lundi. Que se passera-t-il si syndicats et patronat ne parviennent pas à s’entendre? Selon Bouchez, le gouvernement tranchera. Sauf, qu’on l’a vu, la Vivaldi a beaucoup de mal à trancher les questions socio-économiques qui divisent.
  • On peut donc s’attendre à ce que les divisions idéologiques soient juste mises au frigo. Un répit qui ne se traduit pas pour le moment par les réactions des uns et des autres. Paul Magnette espère toutefois que l’on pourra changer la méthode à l’avenir: « Beaucoup de décisions ont été mises entre parenthèses à cause de la crise sanitaire. À l’avenir on devrait pouvoir traiter les dossiers de manière un peu plus sérielle. »
  • Marché du travail, fiscalité, nucléaire : nulle doute que la Vivaldi va pouvoir se tester.

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