O’Leary: ‘Nous devront faire face à des compagnies mal gérées, mais renflouées par les États’

Ryanair-CEO Michael O’Leary. – EPA

La compagnie à bas coûts Ryanair s’attend à des pertes d’emploi en Belgique parmi les 3.000 suppressions d’emploi annoncées le 1er mai, a indiqué ce mardi l’administrateur délégué et fondateur du groupe Michael O’Leary à Belga. L’homme s’en est également pris aux aides d’États dont pourraient bénéficier les compagnies nationales comme Brussels Airlines.

Les pertes d’emplois concerneront l’ensemble de l’Union européenne, ‘que ce soit les membres de l’équipage, comme les pilotes’, a affirmé Michael O’Leary, sans pouvoir en préciser le nombre en Belgique.

‘On sait actuellement que ces pertes d’emploi se chiffrent à 3.000 personnes, mais il faudra déterminer leur répartition par pays. Nous devons absolument évaluer avec l’Union européenne comment gérer la crise dans le secteur aéronautique, parce qu’il s’agit d’un des secteurs les plus touchés par la crise causée par l’épidémie du Covid-19’, confie le fondateur de Ryanair.

Aides d’État et concurrence

M. O’Leary pointe la responsabilité des Etats européens qui apporteront une aide à leur compagnie nationale. ‘Nous sommes cloués au sol durant 3 mois et demi (depuis le début du confinement jusqu’à la fin du mois de juin, ndlr). Les conséquences se feront sentir pendant plusieurs années. Cela représente un vrai challenge pour nous. C’est la raison pour laquelle nous allons recommencer à voler. De nombreuses compagnies, comme Brussels Airlines, vont recevoir des aides d’Etat et fausser la concurrence’, regrette M. O’Leary.

‘Mal gérées, mais renflouées’

La compagnie low cost annonce d’ores et déjà que si Brussels Airlines recevait des aides d’Etat, elle le contesterait en justice, comme elle l’a fait en Suède pour SAS. Ryanair avait fait savoir, à la suite de l’annonce suédoise, qu’elle comptait contester les différentes aides d’Etat aux autres compagnies aériennes.

‘Il s’agirait d’une vraie menace durant les prochaines années pour des compagnies comme Ryanair ou encore EasyJet, qui ont été très fortement touchées par la crise du coronavirus’, selon M. O’Leary. ‘Nos groupes devront faire face à des compagnies mal gérées mais renflouées largement par les Etats.’

‘La saison s’annonce très mauvaise pour tout le secteur’, conclut-il.