‘Pour garantir sa survie’, Brussels Airlines va supprimer 25% de ses effectifs et 30% de sa flotte

EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ

Brussels Airlines va supprimer jusqu’à environ 1.000 emplois, a annoncé mardi la compagnie aérienne à l’issue d’un conseil d’entreprise extraordinaire. Un quart du personnel de l’entreprise, qui emploie un peu plus de 4.000 personnes, est donc touché par cette annonce. Elle va également réduire sa flotte de 30%, en se délestant de 16 avions.

Brussels Airlines dit devoir prendre ces mesures ‘substantielles et indispensables pour garantir la survie de la compagnie’ face à l’impact ‘extrêmement négatif’ de la crise du coronavirus sur ses finances et la toujours très faible demande pour des voyages en avion.

Le transporteur doit réduire structurellement ses coûts à un niveau compétitif, insiste-t-il, demandant le soutien de son actionnaire Lufthansa et du gouvernement belge.

La compagnie va s’attaquer à sa structure de coûts de façon structurelle et optimiser son réseau en supprimant les liaisons marginalement rentables et non rentables, ce qui se traduira par une réduction de la flotte de 30%.

Convaincre les autorités

Brussels Airlines collaborera avec ses partenaires sociaux pour réduire le nombre de licenciements forcés à un minimum absolu, assure-t-elle, convaincue qu’avec son plan de redressement, elle sera en mesure de sauvegarder 75% de son emploi et de se développer de manière rentable dès que la demande dans le transport aérien aura retrouvé une nouvelle normalité. Ce qui n’est pas prévu, selon elle, avant 2023.

Les discussions en cours avec le gouvernement belge et Lufthansa restent cependant essentielles, insiste l’entreprise, qui espère une issue positive des pourparlers en cours quant à une aide d’Etat de 290 millions d’euros. Elle va, dans ce cadre, solliciter l’aide de sa maison-mère allemande pour les coûts de restructuration.

De Croo: ‘Les négociations sont très difficiles avec Lufthansa’

Cependant, les négociations entre Lufthansa et le gouvernement belge sur une aide d’Etat pour la compagnie aérienne belge sont très difficiles, a reconnu cet après-midi le ministre des Finances, Alexander De Croo, juste avant de rencontrer les syndicats de l’entreprise, aux côtés de la Première ministre Sophie Wilmès (MR) et de la ministre de l’Emploi et de l’Economie, Nathalie Muylle (CD&V) .

Les discussions que mène le groupe aéronautique avec l’Etat allemand viennent en effet compliquer les débats, a-t-il confié.

‘Les négociations sont très difficiles avec Lufthansa car elle-même est en train de négocier (une aide d’Etat d’environ 9 milliards d’euros, NDLR) avec le gouvernement allemand’, a expliqué Alexander De Croo à son arrivée au 16 rue de la Loi. Il est en effet question d’une entrée de l’Etat allemand au capital du groupe aéronautique, ce qui crispe les débats. Son patron, Carsten Spohr, ne veut en effet pas entendre parler d’une immixtion des gouvernements dans la gestion de son entreprise.

Le ministre des Finances a par ailleurs insisté sur la nécessité de réduire au maximum le nombre de licenciements secs et sur celle de donner des perspectives pour le futur de la compagnie après la crise du coronavirus.

La compagnie veut un accord d’ici la fin mai

Par ailleurs, Brussels Airlines souhaite aboutir à un accord sur le plan de restructuration d’ici la fin mai, ont confié les représentants syndicaux à l’issue du conseil d’entreprise extraordinaire. Un timing serré qui se justifie par le manque de liquidités à court terme de l’entreprise, leur a-t-il été expliqué.

Les discussions sur le plan social débuteront dès jeudi ou vendredi.

Tant la CNE, que le Setca ou la CGSLB se sont dit ‘choqués’ par un tel nombre. Mais tous soulignent cependant que la direction de l’entreprise est disposée à examiner toutes les options permettant de réduire au maximum l’ampleur du plan. Sont ainsi sur la table les départs à la pension, les possibilités de prépension, la non-prolongation de contrats temporaires ou encore des départs volontaires. L’ambition est en outre de ne pas avoir de licenciements secs pour le personnel de cabine.

Autant de signaux relativement positifs que relèvent les syndicats.