Principaux renseignements
- Netanyahu a rejeté la proposition en 15 points de Donald Trump concernant Gaza.
- Israël a réduit ses opérations offensives sous la forte pression des États-Unis.
- Un désaccord sur les conditions de désarmement bloque la feuille de route proposée.
Lors d’un discours télévisé, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a publiquement fait part de son opposition au plan en 15 points du président américain Donald Trump concernant Gaza. Malgré cette opposition, l’armée israélienne a en grande partie suspendu ses opérations offensives dans la région sous la pression considérable du gouvernement américain. Netanyahu se trouve actuellement dans une situation politique délicate. Confronté à de mauvais résultats dans les sondages à l’approche des élections du 27 octobre, il tente parallèlement de trouver un équilibre entre les exigences des membres d’extrême droite de son gouvernement et les attentes de Trump.
Changement de stratégie militaire
Le ralentissement de l’activité militaire a fait suite à une rencontre entre Netanyahou et Nikolay Mladenov, l’envoyé américain auprès du Conseil de paix. Selon certaines informations, Israël se serait engagé à limiter ses actions militaires à la lutte contre les menaces immédiates. Cela met de fait un terme aux assassinats ciblés quotidiens de Palestiniens.
La feuille de route
Le cœur du différend porte sur le calendrier et l’ordre des étapes de la feuille de route américaine. Trump avait auparavant annoncé une avancée décisive, laissant entendre un accord dans lequel les troupes israéliennes quitteraient Gaza tandis que le Hamas se désarmerait et qu’une force internationale de stabilisation garantirait la sécurité. Netanyahu a toutefois explicitement rejeté ce document. Il maintient qu’aucun retrait de troupes n’aura lieu tant que le Hamas n’aura pas été entièrement dépouillé de toutes ses armes, quel que soit leur calibre. Le Premier ministre israélien a reconnu que des discussions étaient en cours avec Washington. Il a toutefois déclaré qu’Israël resterait inflexible face à des conditions inacceptables.
Points de vue opposés
Mladenov a quant à lui expliqué que le plan prévoyait un retrait progressif, secteur par secteur, en fonction de la neutralisation de l’arsenal du Hamas. Basem Naim, un haut responsable du Hamas, a confirmé que le groupe respectait la feuille de route négociée au Caire. Il a exhorté les États-Unis et les médiateurs à veiller à ce que Netanyahou ne sabote pas l’accord dans le but d’en tirer un avantage politique sur la scène nationale.
Désarmement
La définition du « désarmement » reste un sujet de discorde majeur. Alors que Trump affirme que le Hamas a accepté de rendre ses armes, les représentants du Hamas soutiennent qu’ils ont accepté de transférer leurs armes à un gouvernement technocratique soutenu par les États-Unis afin qu’elles soient entreposées sous la supervision du Conseil de la paix. Le Hamas a indiqué que sa coopération dépendait du respect préalable par Israël de ses obligations, notamment un retrait militaire total.
La crise humanitaire
Le bilan humain du conflit reste effroyable. Depuis la conclusion d’un cessez-le-feu en octobre 2025, les autorités sanitaires de Gaza font état de plus de 1 250 morts suite aux frappes israéliennes, principalement des civils, tandis qu’Israël a perdu quatre soldats. Actuellement, les forces israéliennes occupent les deux tiers du territoire, contraignant la grande majorité des 2 millions d’habitants de Gaza à vivre dans des conditions de surpeuplement et de précarité le long de la côte. (ev)
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