Netanyahu a permis à l’Arabie Saoudite d’utiliser le logiciel d’espionnage Pegasus

Selon un rapport du New York Times, Israël a utilisé le logiciel espion controversé de NSO comme « pilier central de sa politique diplomatique » ces dernières années. Le NYT révèle également que plusieurs agences américaines, telles que le FBI, étaient en pourparlers pour acheter le logiciel espion.

Pourquoi est-ce important ?

NSO, la société israélienne à l'origine du logiciel de piratage Pegasus, enchaîne les scandales. Pegasus est considéré comme controversé dans le monde entier depuis qu'il est apparu que des gouvernements autoritaires l'utilisaient pour espionner des chefs d'État, des journalistes, des dissidents et des universitaires, entre autres. Il apparaît maintenant que le logiciel a également été utilisé comme un atout dans les négociations diplomatiques.

Khashoggi

L’enquête du New York Times montre que l’Arabie saoudite, client connu du logiciel d’espionnage Pegasus de NSO, n’a reçu l’autorisation de réutiliser le système qu’après que le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman a passé un appel téléphonique au Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu. Les Saoudiens ont perdu l’accès à Pegasus après le meurtre du journaliste turc Jamal Khashoggi. Le prince héritier a demandé à Netanyahu d’intervenir pour rétablir l’accès. La demande a été accordée.

Ces résultats confirment un rapport du journal israélien Haaretz datant de 2019. Il a révélé comment, avec les encouragements d’Israël, NSO a vendu ses logiciels espions aux Émirats arabes unis, à Bahreïn, à Oman et à l’Arabie saoudite.

Par ailleurs, Israël n’a officiellement aucune relation diplomatique avec l’Arabie saoudite et il est interdit aux Israéliens de faire des affaires dans le strict État islamique du Golfe.
Le rapport indique que la vente de logiciels espions a en fait joué un rôle clé dans la politique diplomatique de Netanyahu. Par exemple, le renforcement des liens avec l’Inde, la Hongrie et la Pologne se serait invariablement accompagné d’accords sur les ONS pour ces pays.

Manifestation devant le FBI

En outre, le journal réputé révèle comment, par le passé, les agences américaines telles que la CIA, la DEA et d’autres services secrets ont manifesté leur intérêt pour ce logiciel espion. Toutes les agences susmentionnées ont discuté avec NSO de l’achat de leur produit, en dépit du fait qu’il existait de nombreux rapports documentant son abus par des clients du monde entier.

Toujours selon l’enquête du NYT, les agences américaines n’ont pas seulement envisagé d’acheter Pegasus, mais le FBI, le service de police fédérale, a même invité NSO pour une démonstration des capacités de leur logiciel espion.

Cependant, le système Pegasus s’est avéré « théoriquement » incapable de cibler les téléphones américains. La solution de NSO a été de proposer au FBI un nouveau système d’espionnage, jamais vu auparavant, appelé Phantom, selon Haaretz. Selon le pitch, Phantom pourrait « transformer le smartphone de votre cible en une mine d’or de renseignements (…) ».

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