Principaux renseignements
- Jamie Dimon, le directeur général de JPMorgan, met en garde contre le risque qu’une hausse des taxes bancaires compromette un projet de siège social à Londres d’une valeur de 3 milliards de livres sterling (environ 3,5 milliards d’euros).
- Une fiscalité sectorielle spécifique entraîne une fuite des capitaux et décourage les investissements internationaux.
Jamie Dimon, le directeur général de JPMorgan, a averti le Premier ministre britannique, Andy Burnham, que l’augmentation des impôts sur les institutions financières pourrait avoir des répercussions négatives. Il a laissé entendre que de telles politiques fiscales pourraient compromettre le projet de la banque d’implanter un siège social de 3 milliards de livres sterling (environ 3,5 milliards d’euros) à Londres et décourager les investissements à plus grande échelle au Royaume-Uni.
Opposition à une fiscalité sectorielle
S’exprimant dans le podcast « The Master Investor Podcast » aux côtés de Wilfred Frost, Dimon a fait part de son opposition à l’idée que le gouvernement cible le secteur bancaire pour générer davantage de recettes. Il a souligné que ses actionnaires avaient déjà contribué à hauteur de 5 milliards de dollars (environ 4,4 milliards d’euros) à des impôts supplémentaires, arguant que pénaliser des secteurs spécifiques constituait une stratégie contre-productive pour n’importe quel pays.
Il a notamment critiqué la taxe bancaire britannique, affirmant que JPMorgan était une entreprise citoyenne responsable qui créait de nombreux emplois et cherchait à étendre sa présence dans la ville.
Les investissements dépendent de la politique fiscale
Le calendrier des investissements de la banque reflète cette sensibilité à la politique fiscale. L’année dernière, Dimon a approuvé la construction d’une immense tour de 3 millions de pieds carrés à Canary Wharf peu après que le budget d’automne eut évité de relever les taxes bancaires.
Il avait toutefois laissé entendre auparavant que ces projets – qui devaient accueillir plus de la moitié des 23 000 employés de l’entreprise au Royaume-Uni – pourraient être abandonnés si un changement de direction aboutissait à la mise en place d’un gouvernement hostile au secteur.
Interrogé sur un éventuel abandon du projet, Dimon est resté évasif, déclarant que la décision dépendrait du maintien par le Royaume-Uni d’un environnement fiscal compétitif et stable.
La menace de la fuite des capitaux
Alors que les organisations syndicales, notamment le Trades Union Congress, ont plaidé en faveur d’une augmentation de l’impôt sur la fortune et de l’annulation des réductions d’impôts précédentes afin de générer des milliards de recettes, Dimon a averti que de telles mesures entraîneraient une fuite des capitaux.
Il a souligné qu’un régime fiscal non compétitif pousse les entreprises à se délocaliser vers d’autres pays, citant la tendance récente des sociétés à se retirer de la Bourse de Londres comme un signal d’alerte pour le gouvernement.
(at)
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