Principaux renseignements
- Des pressions diplomatiques ont probablement bloqué le projet de l’administration Trump de rompre ses liens avec le HCR.
- Des désaccords concernant la nomination des dirigeants ont déclenché des tensions entre les États-Unis et les responsables de l’ONU.
- Un retrait américain mettrait en péril la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et priverait l’agence de 25 pour cent de son budget.
Selon des informations provenant de diverses sources diplomatiques et parlementaires, l’administration Trump a récemment envisagé de rompre ses relations avec l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Ce retrait potentiel a déclenché une campagne de lobbying urgente menée par des responsables internationaux et des diplomates visant à convaincre les États-Unis de maintenir leur partenariat. Bien qu’une décision officielle ait été attendue la semaine dernière, l’absence d’annonce suggère que ces efforts de persuasion ont peut-être réussi à retarder, voire à empêcher, cette mesure. C’est ce que rapporte Reuters.
Différend concernant les nominations à la direction
La tension proviendrait d’un conflit lié à la sélection du haut-commissaire adjoint. L’administration Trump privilégiait Simon Hankinson, un ancien diplomate qui critiquait l’orientation actuelle de l’agence et prônait un retour à sa mission fondatrice. Cependant, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et le Haut-Commissaire Barham Salih ont préféré nommer Tressa Rae Finerty, une diplomate de carrière. Ce choix a été perçu par les partisans américains comme une préférence pour le statu quo plutôt que pour une réforme structurelle nécessaire.
Conséquences financières d’un retrait américain
Un retrait total des États-Unis arrêterait le financement et pourrait placer l’agence sur une liste noire américaine. Les États-Unis quitteraient aussi le Comité exécutif de l’organisation. Cette décision aurait de graves conséquences, car les États-Unis financent environ 25 pour cent du budget total. Ils ont versé 868 millions de dollars (environ 759 millions de euros) en 2025. Le HCR subit déjà une baisse de 30 pour cent de ses fonds disponibles. Cette situation provoque d’importantes réductions d’effectifs.
Risques existentiels pour les efforts mondiaux en matière de déplacement de populations
Les experts et les diplomates avertissent que la perte du soutien américain, à une période où les déplacements de populations atteignent des niveaux records à l’échelle mondiale, en particulier dans des régions comme le Soudan et l’Ukraine, ferait peser un risque existentiel sur l’organisation. En outre, cela pourrait compromettre la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, qui constitue le principal cadre international pour la protection des personnes déplacées.
Une tendance au retrait international
Bien que le Département d’État affirme qu’il n’y a eu aucun changement dans son engagement actuel et qu’il continue de collaborer avec le HCR pour servir les intérêts des États-Unis, il a reconnu qu’un réexamen de la participation américaine aux instances internationales était en cours. Cela s’inscrit dans la tendance observée au cours du second mandat du président Trump, qui consiste à réduire les financements alloués aux entités des Nations unies et à se retirer d’organisations telles que l’Organisation mondiale de la santé.
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