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Navire détourné en mer Rouge : vers une nouvelle crise de Suez, en pire, pour le trafic international ?

Navire détourné en mer Rouge : vers une nouvelle crise de Suez, en pire, pour le trafic international ?
Les assaillants houthis ont filmé leur assaut sur le navire, via un hélicoptère. (Photo by ANSARULLAH MEDIA CENTRE / AFP) (Photo by -/ANSARULLAH MEDIA CENTRE/AFP via Getty Images)

En s’en prenant à un cargo en mer Rouge, les rebelles yéménites ont fait apparaître une nouvelle menace sur l’échiquier du transport de fret maritime. Déjà, des navires font demi-tour. Or, ce chenal voit passer 40% du flux mondial et mène au fameux canal de Suez.

Le contexte : ce dimanche, les rebelles houthis qui contrôlent une partie du Yémen ont pris à l’abordage et détourné de sa course un navire en mer Rouge.

Un cargo qui n’a rien à voir avec Israël

Ces rebelles d’obédience majoritairement chiites, et alliés à l’Iran, ont présenté le cargo comme un navire israélien, donc selon eux une cible « légitime » puisqu’ils ont pris parti pour le Hamas dans sa nouvelle guerre avec l’État hébreu. « Nous traitons l’équipage du navire conformément aux principes et aux valeurs islamiques », a déclaré un porte-parole du groupe.

Israël a toutefois nié avoir des liens avec ce navire, nommé Galaxy Leader : il s’agit d’un cargo appartenant au Royaume-Uni et exploité par le Japon, via Nippon Yusen, une entreprise de transport maritime basée à Tokyo.

  • Le gouvernement japonais a d’emblée demandé la restitution du navire et la libération de l’équipage, tout en sollicitant l’aide des autorités saoudiennes, omanaises et iraniennes.
  • En attendant, deux navires liés au même groupe maritime ont fait demi-tour à l’entrée de la mer Rouge, selon des données sur le transport maritime et la société britannique de sécurité maritime Ambrey. L’un d’entre eux au moins a annoncé son retour vers son étape précédente, aux Philippines, selon Reuters.

La mer Rouge, autoroute maritime

L’enjeu : vers une nouvelle crise similaire à celle du canal de Suez – en pire ?

  • En mars 2021, l’Ever Given, poussé par des vents forts, pivotait au beau milieu du canal de Suez, finissant par l’obstruer. Pendant six jours, le trafic a été interrompu dans ce canal qui relie la Méditerranée à la mer Rouge, perturbant tout le transport de fret mondial.
  • 422 navires chargés de 26 millions de tonnes de marchandises ont été bloqués dans le canal, ce qui représentait une perte de 6 à 10 milliards de dollars par jour pour le commerce mondial.
  • Avec maintenant une menace armée un peu en amont de la même voie, on peut s’attendre à de nouvelles perturbations sur le marché du fret.
  • La semaine dernière, les dirigeants houthis avaient déclaré que leurs forces mèneraient d’autres attaques contre Israël. Et qu’elles pourraient prendre pour cible des navires israéliens en mer Rouge et dans le détroit de Bab al-Mandeb. Ils sont depuis passés à l’acte. Dans une opération en hélicoptère, filmée par les assaillants comme dans un jeu vidéo.
  • Mais ils semblent avoir une définition très large de ce qu’est un navire israélien. De l’extension du conflit, leur acte tient donc plutôt de l’extension de la menace de la piraterie en mer Rouge. De quoi perturber le secteur des assurances maritimes, et donc l’ensemble du trafic. Or, « la mer Rouge est au cœur de l’une des trois grandes ‘autoroutes de la mer’, la route eurasiatique, qui représente 40 % du commerce maritime international », rappelait le ministère français des Armées en 2018.
  • À l’époque déjà, la guerre civile yéménite, avec une rébellion contrôlant le plus grand port du pays (maintenu sous blocus), faisait craindre le pire à moyen terme. Plusieurs attaques à la roquette avaient été observées, y compris sur des cibles civiles. Visiblement, les Houthis ont développé de nouvelles méthodes.
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