Moody’s abaisse la note de crédit de la Belgique à A1 en raison d’inquiétudes concernant le budget et la dette publique


Principaux renseignements

  • Moody’s a abaissé la note de crédit de la Belgique en raison de préoccupations concernant sa croissance économique, la détérioration de ses finances et l’augmentation de sa dette publique.
  • Cette dégradation reflète les doutes quant à la capacité du gouvernement belge à mettre en œuvre des réformes suffisantes pour maîtriser le niveau de sa dette.

Moody’s a abaissé la note souveraine de la Belgique de Aa3 à A1 en raison de ses inquiétudes concernant les perspectives de croissance économique, la détérioration de la situation budgétaire et l’augmentation de la dette publique. L’agence a exprimé des doutes quant à la capacité du gouvernement à mettre en œuvre des mesures suffisantes pour stabiliser le niveau d’endettement du pays.

Impact sur la notation de crédit

Cette dégradation place la Belgique à six crans au-dessus du statut « junk » (spéculatif), avec une perspective stable, s’alignant ainsi sur Fitch Ratings qui avait abaissé la note du pays l’année dernière. Moody’s a déclaré que, bien que le gouvernement de coalition ait mis en œuvre des réformes budgétaires et structurelles ambitieuses, ces mesures sont insuffisantes pour contrer les pressions négatives découlant de la hausse des coûts d’intérêt, de l’augmentation des dépenses de défense, des dépenses persistantes liées au vieillissement de la population et de la baisse des recettes.

Cette dégradation a des conséquences sur la solvabilité de la Belgique, pouvant contraindre certains fonds aux critères d’investissement stricts à se désengager des obligations belges.

S&P Global Ratings en attente

L’attention se porte désormais sur S&P Global Ratings, qui doit réexaminer la note de la Belgique la semaine prochaine. L’agence attribue actuellement à la Belgique la note AA, soit deux crans au-dessus de Fitch et Moody’s, mais a laissé entrevoir une possible dégradation depuis un an.

Le FMI tire la sonnette d’alarme

Le rapport « Fiscal Monitor » du Fonds monétaire international publié cette semaine a souligné la gravité des défis budgétaires de la Belgique. Les projections indiquent des déficits budgétaires constamment élevés, supérieurs à 5 pour cent du PIB, et une détérioration continue de la situation. La dette devrait augmenter à un rythme qui ne serait surpassé que par celui des États-Unis parmi les économies avancées, pour atteindre 122 pour cent du produit intérieur brut d’ici cinq ans – le niveau le plus élevé d’Europe après l’Italie.

Tout en reconnaissant les efforts du gouvernement pour réduire le déficit, le FMI a souligné que ces mesures sont insuffisantes pour remédier aux vulnérabilités sous-jacentes liées à la dette. La Belgique est soumise au régime de déficit excessif de l’Union européenne en raison de son incapacité à maintenir ses déficits en dessous de 3 pour cent du PIB. Si la détérioration de la situation budgétaire n’a eu jusqu’à présent qu’un impact limité sur les marchés, les analystes préviennent que la vigilance des investisseurs pourrait s’intensifier, à l’image des tendances récemment observées en France.

Budgét

La Belgique peine à concilier les coûts budgétaires liés au vieillissement de la population et son engagement à augmenter les dépenses de sécurité pour atteindre le nouvel objectif de l’OTAN de 5 pour cent du PIB d’ici 2035.

Moody’s a conclu que le défi budgétaire de la Belgique dépasse désormais sa capacité politique et institutionnelle à y faire face efficacement, malgré la mise en œuvre d’un ensemble de réformes substantielles. Ces mesures restent insuffisantes pour stabiliser la trajectoire de la dette du pays.

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