« Les dépenses des partis politiques belges sur les réseaux sociaux sont comparables aux multinationales »

Les partis politiques belges ont dépensé plus en publicités sur Facebook que leurs homologues néerlandais, alors qu’eux, avaient des élections communales cette année. C’est l’une des conclusions de l’enquête d’AdLens consultée en exclusivité par la RTBF.

Pourquoi est-ce important ?

Les réseaux sociaux sont aujourd’hui un canal de communication inévitable et les partis politiques belges l’ont bien compris. Déjà parmi les plus dépensiers en Europe sur l’année 2021, les partis du plat pays ont même augmenté leurs dépenses sur Facebook et Instagram alors qu’aucune élection n’a eu lieu cette année.

L’essentiel : En moyenne, les partis politiques belges ont investi 6% de plus sur Facebook qu’en 2021. Alors que leurs dépenses étaient déjà folles en 2021.

  • L’augmentation des dépenses sur Facebook et Instagram chez les partis francophones était de 12% et de 4% pour les néerlandophones entre 2021 et 2022.
  • Mais aux jeux des dépenses totales, ce sont les Flamands qui ont une avance colossale. Les dépenses des partis flamands représentent 90% des dépenses de tous les partis politiques en matière de promotion sur les réseaux de Mark Zuckerberg.
  • C’est frappant quand on regarde le classement des dépenses par parti :
    • La N-VA reste le numéro un en dépense sur Facebook et Instagram, tout comme pour l’année 2021. Le parti de Bart De Wever a dépensé pas moins de 1,7 million pour la promotion de sa page Facebook et Instagram.
    • Le Vlaams Belang est à la deuxième place du classement avec 1,1 million d’euros dépensés en promotion sur Facebook et Instagram.
    • Pour compléter le podium (qui reste inchangé depuis plusieurs années, NDLR), nous retrouvons le PVDA, qui possède une page différente du PTB, avec un peu moins de 450 000€ de dépense. Si l’on rajoute la page du PTB, en français, le parti de Raoul Hedebouw serait toujours à la troisième place avec un total de 695 000€.
    • Du côté francophone, par exemple, le PS a dépensé 18 639€, soit 70% de plus qu’en 2021. Cependant, le montant reste cinq fois moindre que les 84 840€ du MR, leader des partis francophones dans le domaine.

Le détail : la politique belge championne d’Europe des dépenses

  • « Les partis belges sont les plus grands dépensiers en Europe », constate Reinout Van Zandycke, expert en communication politique interrogé par la RTBF. Et c’était déjà le cas en 2021. Cette année-là, dans le top 10 des politiciens européens ayant dépensé le plus sur Facebook, 7 sur 10 étaient Belges.
    • À noter qu’à l’époque, Bart De Wever était l’homme politique européen qui dépensait le plus sur Facebook et Instagram (225 411€). En 2022, il a laissé la place à Tom Van Grienken, le président du VB, qui a dépensé 363 623€ soit plus de 100 000€ que les 231 014€ dépensés par De Wever cette année.
    • Un seul homme politique francophone figure dans le top 10. Il s’agit de Raoul Hedebouw. Le président du PTB a dépensé 63 332€ pour promouvoir sa page Facebook et Instagram. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, faisait partie de ce classement en 2021 avec 82 086€ mais n’en fait plus partie en 2022.

Les nationalistes : des multinationales.

  • « La N-VA et le Vlaams Belang ont des dépenses qui sont similaires à celles de multinationales. Les autres partis comme l’Open Vld, Groen ou Vooruit consacrent des budgets dignes de PME », Explique Van Zandyck, toujours à la RTBF.
  • « Les deux partis nationalistes flamands à eux seuls ont déboursé 58% du montant total. Ils sont parmi les plus puissants électoralement et les mieux représentés à la Chambre. Résultat : leurs dotations publiques sont parmi les plus importantes » a déclaré Jean Faniel, le directeur du Centre de recherche et d’information sociopolitique (CRISP) à la RTBF.
  • L’alignement des planètes est total : les riches partis peuvent se permettre de grosses dépenses qui leur rapportent gros en termes électoral, et donc en termes de dotation, au vu de leur poids politique.

L’enjeu : Actuellement, les partis politiques peuvent dépenser tant qu’ils le souhaitent, ou tout du moins tant qu’ils le peuvent, sauf pendant les 4 mois précédant les élections, aussi appelé période de prudence.

  • En 2021, 3 partis sur 12 refusaient une limitation des dépenses sur les réseaux sociaux : Le MR, le Vlaams-Belang et la NVA. Soit les 3 partis les plus dépensiers dans leur Communauté.
  • La bourse, c’est la vie : les partis politiques belges sont très riches. Alors qu’une réduction de 5,6% a été approuvée à la Chambre fin 2022, les dotations fédérales des partis politiques vont continuer à augmenter en 2023. La raison ? L’indexation liée à l’inflation. Grâce à celle-ci, les avoirs des partis continueront donc d’augmenter et la partie injectée dans la promotion sur les réseaux sociaux avec eux.
  • De ce fait, M. Faniel prédit que les partis politiques, tous réunis, vont très probablement dépasser les 5 millions d’euros de dépenses sur Facebook et Instagram en 2023.
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