‘Moneytime’ pour les discussions autour du Brexit

Le temps presse impitoyablement pour les négociations autour d’un accord commercial entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, qui doivent aboutir à un ‘Brexit doux’. S’il n’y a pas de grande avancée cette semaine, il sera difficile d’éviter un divorce chaotique le 1er janvier.

Quels sont les points de discorde ? Trois dossiers sont considérés comme les principales pierres d’achoppement : le dossier symbolique sur ‘qui est autorisé à pêcher où’, les accords sur les aides d’État visant à créer des règles du jeu équitables pour les entreprises et un mécanisme de règlement des différends commerciaux.

Où en sommes-nous ? Les représentants du gouvernement britannique ont indiqué dimanche soir qu’il n’y pas avait d’accord sur la pêche. Les négociations se sont poursuivies à Bruxelles après une conversation apparemment infructueuse entre le Premier ministre britannique Boris Johnson et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Ils ont toutefois convenu de faire un nouveau point sur la situation lundi soir.

Combien de temps reste-t-il ? Un sommet des dirigeants européens à la fin de cette semaine est considéré comme le dernier moment lors duquel les chefs de gouvernement des États membres peuvent se mettre d’accord sur l’issue de ces négociations. Le Parlement européen devra également approuver un éventuel accord.

Que se passe-t-il si aucun accord n’est conclu ? Le Royaume-Uni a quitté l’UE le 31 janvier 2020, en acceptant une période de transition jusqu’au 31 décembre 2020. Durant cette période, toutes les règles de l’UE s’appliquaient également au Royaume-Uni si bien que, dans la pratique, peu de choses ont changé pour les citoyens et les entreprises.

On craint surtout qu’un ‘non accord’ ait un impact négatif sur le commerce mutuel et ne crée le chaos aux frontières. Dès le début de l’année, des contrôles aux frontières sur les marchandises importées seront introduits, dans tous les cas de figure. Mais en l’absence d’accord, les procédures douanières pourraient s’alourdir et des droits d’importation réciproques seront probablement instaurés. Au final, tous les échanges entre le Royaume-Uni et l’Union européenne seront soumis aux règles relativement limitées de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Sans accord, il n’y aurait pas non plus d’arrangements clairs pour le trafic de données ou l’accès mutuel des véhicules aux routes de l’autre ‘camp’.

Qui a le plus à perdre ? Selon la plupart des experts, les dommages économiques d’un ‘no deal’ seraient plus importants pour le Royaume-Uni. Toutefois, il n’est pas dit que cela rende le Premier ministre britannique Johnson plus indulgent, car les Brexiteers de son parti ne s’inquiètent pas d’un divorce difficile. La crise du coronavirus joue également un rôle. Elle fait tellement de mal à l’économie qu’un coup supplémentaire porté par un Brexit dur serait moins perceptible qu’en temps normal.

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