Même s’il devient endémique, le coronavirus restera une menace pandémique: « L’endémicité n’est pas un point final naturel »

Dans plusieurs régions du monde, la situation sanitaire semble aller dans la bonne direction. De nombreux pays, notamment en Europe, assouplissent leurs restrictions liées au coronavirus et se préparent à « vivre avec le virus« . Mais les experts mettent tout de même en garde : le Covid-19 ne disparaitra pas et pourrait même revenir de plus belle.

Pour beaucoup, l’évolution de la pandémie de coronavirus vers une maladie infectieuse endémique est une excellente chose. C’est une lueur d’espoir vers un retour à la vie normale. Un avis que ne partagent pas les scientifiques, car l’endémicité « est un schéma, par un trait intrinsèque d’un virus », comme l’a souligné le Dr Aris Katzourakis, virologue évolutionniste à l’Université d’Oxford au média Forbes. Autrement dit, ce n’est pas parce qu’un virus devient endémique qu’il ne pourra pas évoluer en épidémie ou pandémie.

De possibles mutations inquiétantes

De nouvelles souches peuvent faire leur apparition, même si le virus est considéré comme endémique. Son évolution n’est pas figée dans le marbre. Pour la docteure Elizabeth Halloran, épidémiologiste au Fred Hutchinson Cancer Research Center de Seattle, de nouvelles versions du virus avec un potentiel pandémique pourraient voir le jour chez les animaux et être transmises à l’Homme.

Le Covid n’est pas encore endémique

Le risque que le coronavirus évolue et crée de nouvelles pandémies indique qu’il est prématuré de le traiter comme une maladie endémique, selon les experts. Ils craignent que l’utilisation abondante de ce terme – qui signifie qu’un nombre stable et prévisible d’infections est attribué à un virus – puisse donner une image trompeuse de ce à quoi pourrait ressembler la vie après la pandémie.

« Il y a une idée fausse selon laquelle l’endémicité n’est qu’un point final naturel… que la maladie deviendra, à elle seule, un fardeau sanitaire minimal », déclare Katzourakis. Alors que dans les faits, le virus devra encore être géré avec précautions pour atténuer son impact sur la santé publique.

De plus, le fait qu’un virus puisse être qualifié d’endémique ne dit rien sur la quantité d’infections qu’il peut générer ni sur la gravité de la maladie, comme l’a souligné le Dr John Swartzberg, expert en maladies infectieuses à l’Université de Californie à Berkeley, à Forbes.

Beaucoup d’inconnues

« Les maladies infectieuses endémiques peuvent devenir épidémiques et pandémiques et vice versa », a expliqué Swartzberg. À l’heure actuelle, il reste encore de trop nombreuses inconnues concernant le coronavirus, et ce, même si la situation semble s’améliorer dans plusieurs pays. On notera d’ailleurs que ce n’est pas le cas partout.

De nouveaux variants pourraient faire leur apparition dans les mois et années qui viennent. La présence du virus chez de nombreuses espèces animales pourrait également jouer un rôle important dans l’évolution du virus.

Il y a tout de même un espoir, celui-ci repose sur les vaccins. « La vaccination de la population mondiale réduira le risque d’apparition d’une nouvelle variante… [qui] empêchera le Covid endémique de devenir une épidémie ou une pandémie », a indiqué le Dr Swartzberg.

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