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Même après le Covid-19, la relocalisation restera un mythe

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Économie

17/06/2020 | Baptiste Lambert | 7 min de lecture

EPA-EFE/GONZALO FUENTES / POOL MAXPPP OUT

Le président français Macron a annoncé mardi que la production de paracétamol reviendrait en France. La production de ce médicament, dans le Dafalgan entre autres, a déjà déménagé en Inde et en Chine en 2009. Mais lors d’une visite dans une filiale du groupe pharmaceutique français Sanofi, Macron a répété que la France prendrait des mesures pour ramener en France certaines productions pharmaceutiques «critiques».

Lors du déclenchement de la crise du coronavirus, Macron avait déjà promis à ses compatriotes de mettre un terme à ‘l’externalisation de la chaîne alimentaire, notre protection, notre capacité à prendre soin les uns des autres, notre cadre de vie’. Il avait qualifié cette situation de ‘folie’. Avec un objectif: ‘Nous devons reprendre le contrôle de ces questions.’

Dans notre pays également, des voix se sont récemment élevées pour rapatrier la production de produits médicaux essentiels. Même au sein de la N-VA : ‘Nous sommes trop dépendants de pays comme la Chine et l’Inde pour des produits stratégiques’, avait déclaré fin avril le député européen et ancien ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA). Son parti appelle à ramener la ‘production stratégique’, comme les médicaments de haute qualité, les masques et les vêtements de protection.

La mondialisation a atteint un plateau

Rien de tout cela n’est nouveau. Déjà en 2008, au lendemain de la crise financière, des voix se sont élevées pour inverser le processus de mondialisation. Un processus (produire le moins cher et le plus rapidement possible) qui a stagné mais n’a pas rompu. En d’autres termes, les commandes passées à l’étranger n’ont pas globalement augmenté mais n’ont pas baissé non plus. La courbe ascendante a en fait atteint un plateau (graphique ci-dessous). Depuis, Donald Trump a introduit de nouvelles formes de protectionnisme à partir de 2016, avec plus ou moins de succès.

Rapatrier la production de l’étranger?

Ces derniers jours, des grandes annonces de gouvernements et d’entreprises européennes ont plu dans le sillage de la crise du coronavirus. Ils souhaitent réduire la production depuis l’étranger.

De plus en plus de constructeurs automobiles européens entrent sur le marché des voitures électriques, où ils sont en concurrence directe avec la Chine. La Belgique compte déjà une demi-douzaine d’entreprises qui souhaitent fabriquer des masques dans leur propre pays. Les facteurs écologiques sont également souvent mis en avant. Le message ici est de produire, de produire plus vert et de créer des emplois. Mais cela sera difficile sans aide d’État, lisez l’argent des impôts. Ce n’est pas sans raison que Macron trimbalait avec lui une enveloppe de 200 millions d’euros lors de sa visite à Sanofi.

Subventions, réductions d’impôts ou autres mesures de soutien

Si le gouvernement souhaite également ramener des activités à forte main-d’œuvre en Belgique, cela nécessitera des subventions, des réductions d’impôts ou d’autres mesures de soutien. Dont certaines auront besoin du feu vert de l’Europe.

Mais c’est précisément pourquoi les chances de relocalisation seront l’exception à la règle. Il existe un certain nombre de raisons pour lesquelles cela ne se produira pas ou dans une très faible mesure.

  1. Une enquête de l’organisation de consommateurs Test-Achats montre que 62% des ménages belges ont perdu de l’argent à cause de la crise du coronavirus, pour un montant moyen de 1.626 euros. Selon Pierre Wunsch, le gouverneur de la Banque nationale, notre pays ne retrouvera pas ses niveaux pré-corona avant 2023. Dans ce contexte, il sera difficile de penser que les familles belges, mais aussi européennes, échangeront des produits bon marché, d’origine asiatique, contre des produits plus chers que nous fabriquons nous-mêmes.
  2. La crise du Covid-19 pèse sur les marges bénéficiaires des entreprises, entraînant une augmentation des faillites. Les enquêtes de Voka montrent qu’une entreprise sur cinq craint la faillite. 25% pensent qu’ils devront licencier les gens. La situation est encore plus dramatique dans d’autres pays de l’UE. Ces entreprises seront-elles prêtes à échanger leurs chaînes d’approvisionnement bon marché, existantes et efficaces contre des alternatives plus chères? Pour ensuite concurrencer les produits étrangers à bas prix?
  3. Enfin, la crise du Covid-19 n’a pas modifié la structure capitaliste des multinationales. À ce jour, les actionnaires restent importants, ce sont encore souvent des fonds d’investissement internationaux qui restent en faveur de la mondialisation, de la diversification et du commerce transnational.

Le contribuable européen sera-t-il prêt à payer les subventions qui rendent ces relocalisations possibles? Le gouvernement japonais a également annoncé il y a quelque temps qu’il aiderait les entreprises japonaises à retirer leur production de Chine et à la restituer dans leur propre pays. Mais l’enthousiasme des entreprises japonaises est difficile à trouver.

Source: BusinessAM


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