Malgré une forte reprise économique en Belgique, il n’y aura ‘pas de retour à la normale avant 2023’ préviennent les banques

L’économie belge va fortement rebondir au troisième trimestre, mais s’affaiblira immédiatement après. C’est ce qu’indique ING dans ses perspectives économiques. KBC prévoit elle une baisse de 9,5 % sur l’ensemble de l’année. Au même moment, le Bureau du Plan annonce que le déficit public de la Belgique, plombé par la crise sanitaire, atteindra 26 milliards d’euros en 2025.

‘La bonne nouvelle, c’est que nous avons touché le fond‘, ironise Peter Vanden Houte, économiste en chef d’ING, au début de conférence de presse. ‘Mais nous n’en sommes pas loin.’

Il fait référence aux chiffres des derniers trimestres de cette année. Au premier trimestre, l’activité économique était déjà inférieure de 20 % à la normale et pour l’ensemble du deuxième trimestre, qui se termine ce mois-ci, il prévoit une baisse supplémentaire de 15 %. KBC, qui a également annoncé ses perspectives mardi, s’attend à la même baisse.

Une reprise de courte durée

Au troisième trimestre, l’économie européenne devrait rebondir pour une courte période, avec une moyenne de 47 %, mais cela va bientôt retomber, estime ING. ‘Il est logique que les gens dépensent autant maintenant que tous les magasins et que l’horeca ont rouvert, mais à plus long terme, on économisera davantage‘, prévient-il. ‘Nous ne reviendrons pas au niveau pré-coronavirus avant trois ans.’

Les mesures de distanciation sociale, qui rendent le travail plus difficile, pèseront également sur la reprise. Dans le même temps, la dette publique augmentera en raison de toutes les mesures prises actuellement contre le virus et le manque d’investissement des entreprises constituera un frein énorme à la croissance.

Le Bureau du Plan a par ailleurs annoncé mardi que le déficit public atteindra 26 milliards d’euros en 2025, soit quelque 5% du produit intérieur brut. Le déficit pour les finances publiques belges en 2020 est estimé actuellement à 47,5 milliards d’euros, soit quelque 11% du PIB, révèle l’agence Belga. Le coût des mesures de soutien avoisinerait les 15 milliards d’euros, ‘sans même compter les reports de taxes et les garanties d’État’, souligne le Bureau du Plan. Près de 60% de la perte de revenu national cette année a été absorbée par les pouvoirs publics.

Commerce

Outre la crise du coronavirus, Peter Vanden Houte s’attend à ce que la population active, en déclin depuis un certain temps, s’affaiblisse encore davantage. Les gens vieillissent de plus en plus et, en raison de la pandémie, il y aura aussi temporairement plus de chômeurs. Rajoutez à cela le Brexit et la guerre commerciale de Trump: ING n’a définitivement pas de bonnes perspectives pour le commerce international.

Une lueur d’espoir cependant: il n’y a pas de risque d’inflation en Belgique. ‘La plupart des prix sont plutôt susceptibles de baisser à cause de la crise du coronavirus’, déclare Vanden Houte.

KBC ne prévoit pas non plus d’inflation cette année, mais s’attend à ce que l’inflation augmente de 1,8 % l’année prochaine. Selon la banque, le PIB chutera de 9,5 % cette année, mais connaîtra une forte croissance de 5,7 % en 2021. ING n’a pas encore fourni de chiffres pour l’année entière.

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