L’UE tente de calmer le jeu entre les Etats-Unis et la Chine au sujet de l’OMS

22 avril, Bruxelles: Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion des ministres européens des affaires étrangères.

Les États-Unis accusent la Chine d’avoir créé le covid-19. La Chine dément et devient de plus en plus agressive à l’encontre de son adversaire. Entre eux se trouve l’Union européenne qui ne sait plus sur quel pied danser.

D’un côté, l’Europe veut continuer à soutenir l’Organisation mondiale de la Santé et considère le retrait des États-Unis comme contre-productif. De l’autre, elle ne considère pas la Chine comme totalement innocente dans la gestion de la pandémie de covid-19.

L’Union européenne a donc décidé de trouver un compromis: un programme pour récolter des informations sur les origines de la maladie pour être mieux préparé quand un nouveau virus fera son apparition. ‘Parce que ça ne sera pas le dernier. Il faudra en tirer des leçons’, explique Josep Borrell, chef de la politique étrangère de l’UE.

Concrètement, lors de la prochaine réunion de l’OMS, l’Union européenne présentera différents mécanismes permettant de tirer des leçons de l’expérience du coronavirus. Mais il ne sera pas question de lancer une enquête complète sur l’apparition du virus, sur les communications entre l’OMS et la Chine et sur leurs réponses à la pandémie, comme le demandent les États-Unis et l’Australie.

L’Union européenne semble vouloir revoir le fonctionnement de l’OMS, mais dans une optique de se préparer pour l’avenir et non pour accuser d’éventuels coupables. ‘Je ne pense pas que ce soit le moment des jeux de blâme ou des reproches mutuels’, a ajouté Borrell.

Toutefois, le haut représentant aux Affaires étrangères voudrait réduire la dépendance de l’Europe envers la Chine pour les fournitures médicales. Il donne deux exemples: ‘Il n’est pas normal que l’Europe ne produise pas un seul gramme de paracétamol et que 80% de la production d’antibiotiques soit concentrée en Chine’. Les déclarations du président américain Donald Trump accusant la Chine d’avoir voulu retenir ses fournitures médicales semblent avoir eu un impact sur le décisionnaire européen.