L’UE en colère contre la décision ‘unilatérale’ de Trump, l’Iata demande des mesures urgentes

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. (EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ)

Le président américain a décidé de fermer ses frontières à l’Europe pour 30 jours, à compter de ce vendredi. Une décision ‘prise unilatéralement et sans consultation’ selon la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Charles Michel.

Dans une déclaration commune, ils ont souligné que l’Union européenne prenait des mesures ‘fortes’ pour limiter la propagation du virus, malgré les affirmations de Trump. S’adressant aux journalistes à la Maison Blanche aux côtés du Premier ministre irlandais Leo Varadkar, le président américain a par ailleurs déclaré que l’interdiction pouvait être allongée (ou raccourcie). Il a bien précisé n’avoir pas pu consulter l’UE avant de l’annoncer à la télévision américaine mercredi soir.

Dans ce discours qui a choqué les investisseurs (et les voyageurs), Trump a toutefois déclaré que son gouvernement avait été en contact fréquent avec les alliés des États-Unis. Sauf qu’il n’y aurait eu aucune coordination ni notification préalable, indique un diplomate de l’Union européenne à Reuters.

‘Il n’y a pas eu de tête à tête, pas de coordination comme le prétendait le président’, a-t-il déclaré.

‘Pas de passeports’

Donald Trump a également reproché à Bruxelles de ne pas avoir restreint les voyages en provenance de Chine. Une décision lourde de conséquences selon lui, qui aurait semé des groupes de maladies aux États-Unis à cause de voyageurs venus d’Europe.

Les fonctionnaires de l’UE ont eux déclaré qu’ils prenaient ‘des mesures énergiques pour limiter la propagation du virus’, ajoutant: ‘le coronavirus est une crise mondiale, qui ne se limite pas à un continent et qui nécessite une coopération plutôt qu’une action unilatérale.’

La présidente de la Banque Centrale européenne Christine Lagarde se montre également sceptique quant à ces mesures américaines.

‘Je ne dois pas juger l’une ou l’autre mesure prise par un gouvernement. Mais je doute fort que les maladies aient des passeports et soient conscientes des frontières’, a déclaré Lagarde à CNBC. ‘Ils ignorent ces frontières et je pense que toutes les économies devraient être attentives à prendre les bonnes mesures pour protéger les ménages, les personnes, les entreprises, et s’assurer, comme je l’ai dit, que nous les franchissons collectivement’, a-t-elle ajouté dans une interview exclusive.

Une déclaration qui fait suite à sa décision de ne finalement pas réduire les taux d’intérêts face à l’impact économique du coronavirus, laquelle a fait plonger les marchés boursiers, tout comme celle de Donald Trump.

L’Iata demande des mesures d’urgence

L’Association internationale du transport aérien (Iata) a demandé jeudi des mesures de soutien d’urgence, apprend-on de Belga, au lendemain de l’interdiction temporaire d’entrée aux Etats-Unis des voyageurs en provenance d’Europe, à l’exception des citoyens américains.

La décision prise par le président américain Donald Trump va ‘créer d’énormes pressions sur les flux de trésorerie des compagnies aériennes’, a souligné le directeur général de l’Iata, Alexandre de Juniac, dans un communiqué, indiquant que ces dernières ‘auront besoin de mesures d’urgence pour surmonter cette crise’.

Soulignant que l’épidémie de coronavirus avait déjà provoqué la faillite de la compagnie aérienne britannique Flybe début mars, il a estimé que le ‘dernier coup’ porté par Washington au transport aérien ‘pourrait en pousser d’autres dans la même direction’.

‘Nous demandons aux Etats-Unis et aux autres gouvernements qui ont imposé des restrictions de voyage de suivre les recommandations de l’OMS (Organisation mondiale de la santé)’, a écrit M. de Juniac. Il a fait remarquer que l’agence spécialisée de l’ONU considère que les mesures qui entravent fortement le transport international doivent notamment être de ‘courte durée » et ‘proportionnée au risque sanitaire’. ‘La santé et la sécurité sont les principales priorités des gouvernements et du secteur du transport aérien. Mais l’efficacité et la nécessité des restrictions de voyage doivent être constamment réexaminées’, a-t-il ajouté.

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