Principaux renseignements
- L’OTAN élabore actuellement des plans visant à renforcer sa capacité de dissuasion nucléaire en Europe en réponse aux menaces russes.
- Les États-Unis pourraient déployer des bombes nucléaires B61-12 supplémentaires sur des bases situées au Royaume-Uni, en Pologne et en Finlande.
- Le secret stratégique vise à empêcher les services de renseignement russes d’avoir connaissance d’éventuels mouvements de moyens nucléaires.
Selon des informations de l’agence de presse DPA, l’OTAN élabore actuellement des stratégies visant à renforcer sa capacité de dissuasion nucléaire dans toute l’Europe. Cette initiative constitue avant tout une réponse aux menaces présumées émanant de la Russie.
Les préparatifs portent sur les armes nucléaires non stratégiques. Celles-ci ont généralement une puissance explosive inférieure à celle des armes stratégiques et sont le plus souvent déployées à l’aide de missiles de croisière, de missiles à courte portée ou d’avions de combat.
Renforcement éventuel des moyens américains
L’une des stratégies envisageables consiste à augmenter le nombre de moyens nucléaires américains sur le continent. Certains spécialistes suggèrent que les États-Unis auraient déjà transféré des bombes B61-12 vers la base aérienne de Lakenheath, au Royaume-Uni.
Si la stabilité régionale continuait de se dégrader, l’OTAN pourrait envisager d’étendre ces déploiements à des pays tels que la Lituanie, la Finlande et la Pologne.
Guerre froide
Historiquement, la fin de la Guerre froide a conduit à un désarmement significatif. Selon les estimations actuelles, une centaine de munitions américaines de type B61-12 seraient réparties sur six bases situées en Turquie, en Italie, en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne.
Dans le cadre de l’accord partiel de l’OTAN sur les armes nucléaires, les avions allemands peuvent utiliser ces armes si une crise le justifie.
Experts voient une marge de progression
Robert Peters, spécialiste des armes nucléaires américaines, a déclaré à l’agence DPA qu’il était convaincu que les États-Unis renforceraient leur capacité de dissuasion en Europe au cours des deux prochaines années. Selon lui, une augmentation du stock d’armes nucléaires non stratégiques de 100 à 150 unités, éventuellement sur des sites en Finlande et en Pologne, pourrait réduire le risque d’une confrontation directe avec la Russie. Selon Peters, la Russie dispose d’un avantage numérique considérable dans cette catégorie d’armes.
De plus, Peters suggère que cette extension du dispositif nucléaire ne serait pas en contradiction avec les objectifs de Donald Trump visant à réduire les dépenses américaines consacrées à la défense conventionnelle en Europe.
Confidentialité
On ignore encore comment l’OTAN annoncera ses décisions finales concernant ces renforcements. Selon la DPA, l’alliance pourrait choisir de maintenir le secret sur les manœuvres spécifiques afin de ne pas informer la Russie, conformément aux protocoles établis.
Bien que les États-Unis et l’OTAN reconnaissent la présence d’armes nucléaires en Europe, les quantités précises et les emplacements spécifiques de ces moyens restent des informations classifiées. (lv)
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