L’Italie privilégie l’énergie plutôt que l’augmentation des dépenses de défense


Principaux renseignements

  • L’Italie privilégie la lutte contre la hausse des coûts énergétiques plutôt que l’augmentation des dépenses de défense.
  • La priorité de la Première ministre Meloni est passée du renforcement des capacités militaires à l’allègement de la pression financière pesant sur les citoyens italiens.
  • Cette décision reflète les débats internes au gouvernement concernant la situation budgétaire de l’Italie et l’impact potentiel de dépenses de défense supplémentaires sur son déficit.

L’Italie est confrontée à une situation économique précaire. C’est pourquoi le gouvernement italien a choisi de donner la priorité à la lutte contre la hausse des coûts énergétiques plutôt qu’à l’augmentation des dépenses de défense. Cette décision signifie qu’il renonce à la possibilité de recourir à la clause d’exemption nationale (NEC) de l’Union européenne, qui aurait permis de consacrer 12 milliards d’euros supplémentaires à la défense sur une période de trois ans sans enfreindre les règles de l’UE en matière de déficit.

Changement de priorités

La Première ministre Giorgia Meloni, qui défendait auparavant la NEC comme moyen de renforcer le budget de l’armement italien, se concentre désormais sur l’allègement de la pression financière pesant sur les citoyens. Elle a souligné que la gestion des coûts énergétiques et la réponse aux besoins des Italiens constituaient ses priorités actuelles.

Ce changement de position reflète les divisions internes au sein du gouvernement italien concernant la NEC. Selon certaines sources, le ministre de l’Économie, Giancarlo Giorgetti, s’est opposé à sa mise en œuvre. Les experts affirment que même avec l’accord de l’UE, ces dépenses supplémentaires aggraveraient le déficit de l’Italie à un moment où la crédibilité budgétaire est primordiale.

La clause d’exemption nationale

La NEC permet aux États membres de dépasser le seuil de déficit budgétaire de 3 pour cent fixé par l’UE en intégrant jusqu’à 1,5 pour cent du PIB en dépenses de défense supplémentaires chaque année pendant quatre ans, à compter de 2025. Dix-sept États membres, dont l’Allemagne, ont déjà opté pour ce dispositif.

Les dépenses de défense actuelles de l’Italie s’élèvent à 29,18 milliards d’euros, soit 1,54 pour cent du PIB. Atteindre l’objectif de l’OTAN de 5 pour cent nécessite des investissements considérables. Bien que l’Italie ait sollicité 14,9 milliards d’euros de prêts SAFE de l’UE destinés aux dépenses de défense, les experts estiment que cela ne suffirait à lui seul qu’à porter les dépenses de défense à 2,5 pour cent du PIB. (jv)

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