L’Irlande rejoint l’accord sur la taxe mondiale sur les multinationales: pourquoi ça va faire mal à Google, Apple et Facebook

Mauvaise nouvelle pour les grandes entreprises technologiques américaines: le paradis fiscal européen qu’est l’Irlande ne sera prochainement plus aussi attractif en matière d’impôts. Le pays vient en effet de signer un accord international visant à réduire l’évasion fiscale.

Comment cela se fait-il que de grandes entreprises telles que Google, Apple et Facebook aient choisi l’Irlande pour établir leur siège européen ? La réponse est simple : les impôts. Le pays applique en effet une politique très intéressante en matière d’impôts sur les bénéfices des multinationales. Maos c’est sur le point de changer.

L’Irlande vient en effet d’annoncer qu’elle rejoignait l’accord international qui fixe à 15% les impôts sur les bénéfices des grandes sociétés multinationales. Jusqu’à présent, ce pourcentage était fixé à 12,5%. Ce nouveau taux d’imposition s’appliquera aux multinationales dont le chiffre d’affaires dépasse les 750 millions d’euros. Pour celles qui restent sous ce seuil, le taux de 12,5% restera en vigueur dans le pays.

Cette augmentation de 2,5% parait dérisoire, pourtant, lorsqu’on applique ce chiffre aux immenses bénéfices gagnés par Google, Apple et Facebook, on arrive à des sommes très importantes. En rejoignant le projet de l’OCDE – l’Organisation de coopération et de développement économiques –, et donc en revoyant à la hausse son taux d’imposition, l’Irlande espère ainsi récupérer 2 milliards d’euros d’impôts supplémentaires par an.

En 2019, Google a envoyé 63 milliards d’euros d’Irlande vers les Bermudes. En 2018, Facebook a enregistré des bénéfices de 15 milliards de dollars.

À plus grande échelle, le projet de l’OCDE, présenté en juillet dernier, est de rendre les règles fiscales internationales plus justes et plus transparentes, afin de stabiliser le système fiscal international. En unifiant les taux d’imposition, l’OCDE espère pouvoir réduire l’évasion fiscale des grandes entreprises qui coûte chaque année entre 100 et 240 milliards de dollars en pertes de revenus aux pays. L’engagement de l’Irlande, paradis fiscal de nombreuses multinationales, dans le projet devrait avoir un impact important.

« Je suis convaincu que l’Irlande restera compétitive à l’avenir et que nous resterons un site attractif et ‘le meilleur de sa catégorie’ lorsque les multinationales se tourneront vers des sites d’investissement. Ces entreprises multinationales soutiennent notre économie avec des emplois à haute valeur ajoutée. Il est important de reconnaitre que ces EMN fournissent des recettes fiscales qui sont essentielles à la fourniture de services publics et à nos investissements en capital », a indiqué le ministre irlandais des Finances, Paschal Donohoe, dans un communiqué.

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