Principaux renseignements
- L’IA génère désormais près d’un quart de toutes les questions parlementaires écrites.
- L’augmentation du volume des questions soumises crée des goulots d’étranglement administratifs et encourage les manœuvres superficielles visant à marquer des points.
- La vérification humaine reste essentielle pour éviter une législature robotisée et dépourvue de substance.
Une enquête menée par Nieuwsblad révèle que l’intelligence artificielle influence de plus en plus la communication parlementaire, près d’un quart des questions écrites adressées au gouvernement étant entièrement générées par l’IA.
Une analyse de centaines de questions posées entre 2022 et 2026, menée par Pangram, a montré que 22,5 pour cent d’entre elles avaient été entièrement rédigées par l’IA, tandis que 20,4 pour cent avaient été partiellement rédigées avec l’aide de cette technologie. En revanche, les réponses des ministres dépendent beaucoup moins de ces outils. Seules 7,7 pour cent d’entre elles présentent des signes d’intervention de l’IA, probablement parce que la rédaction d’une réponse officielle crédible est plus complexe que celle d’une question.
Traduire et corriger les erreurs
Les responsables politiques ont des points de vue divergents sur l’utilité de ces outils. Certains, comme Eva Demesmaeker (N-VA), considèrent l’IA comme un assistant numérique servant à peaufiner le texte final et à corriger les erreurs. D’autres, comme Arthur Orlians (Anders), l’utilisent pour traduire des documents ou analyser la législation, mais évitent de s’en servir pour rédiger des questions.
Il existe toutefois un consensus sur le fait qu’un recours excessif à l’IA pourrait être dangereux. Orlians met en garde contre les élus qui se contentent de lire un texte sans comprendre le fond de leurs propres interventions. Il note toutefois que ce manque de connaissances approfondies n’est pas nouveau, les députés s’appuyant auparavant largement sur les services de recherche.
Une avalanche de questions
L’essor de l’utilisation de l’IA a entraîné un afflux de demandes, créant un goulot d’étranglement pour le gouvernement. Certains ministres peinent à faire face au volume, laissant des questions sans réponse pendant des mois.
Le président de la Chambre, Peter De Roover (N-VA), s’est dit préoccupé par le fait que la facilité avec laquelle on peut générer du texte encourage la « recherche de points », les députés soumettant des questions dénuées de sens dans le seul but de paraître actifs dans les classements médiatiques. Bien que De Roover considère le droit de poser des questions comme sacré, il suggère que si le système venait à être paralysé, de nouvelles directives pourraient s’avérer nécessaires pour limiter les soumissions inutiles.
Une réglementation en vue ?
Les avis sur la réglementation restent partagés. Alors que Demesmaeker espère voir s’instaurer une culture d’utilisation responsable, Orlians s’oppose fermement à de nouvelles règles, arguant que ce sont les électeurs qui devraient juger de la performance d’un homme politique.
La crainte d’un parlement « robotisé » est palpable. Le député Axel Ronse (N-VA) plaisantant en disant que le corps législatif pourrait finir par être remplacé par deux ordinateurs portables débattant l’un avec l’autre.
L’IA comme outil
Malgré ces inquiétudes, certains députés adoptent ouvertement cette technologie. Vincent Van Quickenborne (Anders), qui dépose nettement plus de questions que la moyenne de ses collègues, admet recourir à une approche hybride : il utilise l’IA pour générer un brouillon basé sur un angle spécifique, puis le peaufine personnellement. Il soutient que, bien que l’IA soit un outil puissant, la vérification humaine reste essentielle pour garantir l’exactitude et l’authenticité. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

