Une enquête révèle que la majorité des Belges souhaite une hausse des impôts sur les grandes fortunes


Principaux renseignements

  • Les Belges plaident en faveur d’une imposition plus stricte des grandes fortunes et de réformes de l’impôt sur les plus-values.
  • Selon une majorité, le commerce mondial doit intégrer des normes éthiques et environnementales contraignantes.
  • Le soutien de l’opinion publique en faveur d’une augmentation des dépenses de défense et de l’aide étrangère est en baisse.

Des données récentes issues du Baromètre de la solidarité internationale du CNCD-11.11.11 indiquent qu’une large majorité de la population belge est favorable à un renforcement de la réglementation financière et à une surveillance accrue du commerce mondial.

Près de 75 pour cent des Belges se prononcent en faveur d’un impôt sur la fortune supérieure à 1 million d’euros, à condition que le logement principal soit exclu de ce calcul. Par ailleurs, 70 pour cent des personnes interrogées estiment que le système fiscal doit être réformé. Dans ce cadre, les plus-values doivent être imposées plus lourdement que le travail.

Politique fiscale

En matière de politique fiscale mondiale, les trois quarts des Belges souhaitent que leur gouvernement contribue à l’éradication des paradis fiscaux en adhérant à une convention-cadre des Nations unies sur la fiscalité.

L’intégration d’exigences éthiques dans le commerce bénéficie également d’un fort soutien ; en particulier, 64 pour cent des personnes interrogées soutiennent les accords commerciaux de l’UE qui imposent des critères environnementaux et sociaux contraignants, tandis que 75 pour cent sont favorables à une interdiction européenne de l’exportation de certains pesticides. Par ailleurs, 59 pour cent des personnes interrogées soutiennent le recours à des « mesures de rétorsion » afin de garantir que les marchandises importées respectent les mêmes normes que les produits nationaux.

Nécessité urgente de mesures climatiques

Les préoccupations environnementales restent vives : 59 pour cent de la population estime que l’UE et la Belgique doivent intensifier leur lutte contre le changement climatique, même si 26 pour cent considèrent que les efforts actuels sont suffisants.

Baisse du soutien aux dépenses de défense

En revanche, l’enquête révèle une baisse du soutien de l’opinion publique en faveur de la défense, de la migration et de l’aide internationale. Le soutien au projet du gouvernement visant à allouer 34 milliards d’euros supplémentaires à l’armée afin d’atteindre l’objectif de 2,5 pour cent du PIB est tombé à 36 pour cent, contre 42 pour cent un an plus tôt.

Le soutien en faveur d’une augmentation de l’objectif de l’OTAN en matière de dépenses de défense à 5 pour cent du PIB a également diminué. Il est passé de 45 à 36 pour cent. La plupart des Belges sont par ailleurs opposés à des coupes dans les prestations sociales afin de financer le renforcement de l’armée.

Évolution des opinions sur l’immigration

Les attitudes à l’égard de l’immigration ont également évolué, le soutien à la répartition des demandeurs d’asile entre les pays de l’UE passant de 71 pour cent à 51 pour cent. Le soutien à la mise en place de voies d’immigration légales et sûres a connu une baisse similaire, passant de 61 pour cent à 48 pour cent. Enfin, l’adhésion à l’idée d’accroître l’aide au développement a atteint son niveau le plus bas depuis 2021, avec seulement 35 pour cent de personnes favorables. (lv)

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