Principaux renseignements
- En l’espace de cinq ans, les salariés belges ont eu recours 51 pour cent plus souvent aux dispositifs de retour progressif au travail.
- Les femmes et les ouvriers ont davantage recours à ces programmes de réinsertion que les hommes et les employés.
- Les récents changements de politique du gouvernement n’ont pas encore entraîné d’augmentation notable du taux de participation.
Une analyse récente réalisée par la société de ressources humaines Acerta révèle que le nombre de salariés belges bénéficiant de programmes de réintégration progressive après un congé de maladie de longue durée a augmenté de 51 pour cent en cinq ans. Cette étude s’appuie sur les données de 30 000 entreprises et de plus de 427 000 salariés. Elle montre que la proportion de participants est passée de 2,03 pour cent en 2021 à 3,08 pour cent en 2026.
Nouvelle politique gouvernementale
Afin de favoriser la réinsertion des salariés en arrêt maladie, le gouvernement a mis en place une nouvelle politique à compter du 1er janvier 2026. Ces modifications prévoient notamment des sanctions financières plus lourdes pour les employeurs en cas d’absence de longue durée, ainsi que la suppression du salaire garanti obligatoire lorsqu’un salarié se retrouve à nouveau en incapacité totale de travail lors d’une reprise progressive du travail.
Geert Polspoel, spécialiste juridique chez Acerta, a fait remarquer que, à mesure que le nombre total de personnes percevant une allocation d’incapacité de travail continue d’augmenter, le groupe de candidats éligibles à ces programmes de transition s’élargit également.
Impact limité des mesures d’incitation
Ces initiatives permettent aux salariés en convalescence de se réhabituer progressivement à leurs tâches professionnelles, plutôt que de reprendre immédiatement le travail à temps plein.
Des données récentes indiquent toutefois que les nouvelles mesures d’incitation mises en place par le gouvernement n’ont pas encore entraîné de changement significatif. Le taux de participation n’a que légèrement augmenté, passant de 3,02 pour cent en janvier à 3,06 pour cent en septembre 2026.
Différences entre les hommes et les femmes
L’étude met en évidence un fossé marqué entre les sexes : 4,19 pour cent des femmes participent à ces programmes, contre seulement 1,92 pour cent des hommes. Acerta suggère que cela s’explique en partie par le fait que les femmes ont tendance à être plus souvent absentes pour des raisons de santé à long terme.
La catégorie professionnelle joue également un rôle. Les ouvriers participent plus souvent à ces programmes (3,81 pour cent) que les employés (2,66 pour cent). Polspoel attribue cela à la nature physique du travail manuel, qui rend peut-être plus facile l’élaboration d’un plan de réadaptation physique structuré.
Rôle de l’âge
L’âge est une autre variable cruciale, car la probabilité d’un retour progressif augmente à mesure que l’ancienneté s’accroît. Alors qu’en 2026, moins de 0,3 pour cent des salariés de moins de 25 ans avaient recours à ces programmes, ce pourcentage est passé à 4,69 pour cent pour la tranche d’âge des 50 à 54 ans, à 5,53 pour cent pour celle des 55 à 59 ans et à 5,16 pour cent pour celle des 60 à 64 ans.
Bien que la tendance sur cinq ans soit positive, la stagnation des chiffres tout au long de l’année 2026 indique que les mesures législatives les plus récentes n’ont pas encore eu d’impact significatif. (lv)
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