L’homme qui pesait 8 trillions de dollars: ‘Nous sommes fatigués du chaos de Washington’

EPA-EFE/JUSTIN LANE

L’homme à la tête du groupe d’investisseurs BlackRock est fatigué par l’instabilité et la volatilité provoquées par le camp de Donald Trump. Il pense que Joe Biden pourrait amener de la stabilité.

Au micro de Bloomberg, Larry Fink pense que Wall Street a choisi son camp: ‘Je crois fermement que les marchés souhaitent plus de stabilité et moins de volatilité. Ils recherchent une voix modérée, pas une voix qui provoque’, a déclaré le CEO de BlackRock. ‘Je crois vraiment que le président élu Biden peut être cette voix de la raison’, dans des propos retranscrits par CNN Business.

L’homme reconnait ce qui a pu favoriser les marchés et l’économie américaine sous l’ère Trump comme les réductions d’impôts ou la dérèglementation. Mais il pointe aussi du doigt les inconvénients: les décisions imprévisibles, les licenciements de hauts fonctionnaires via des tweets ou la division de l’Amérique en deux camps qui ne s’écoutent plus.

Larry Fink est le PDG de BlackRock depuis 1988. Il est attaché au parti démocrate mais s’est déjà laissé convaincre par les Républicains. Crédit: Evan Agostini/Invision/AP.

Larry Fink pense que les investisseurs sont à la recherche de plus d’inclusivité sur le marché intérieur et plus d’harmonie au niveau mondial. ‘Nous sommes fatiguées du chaos de Washington’, a-t-il déclaré lors d’une conversation avec David Rubenstein, le milliardaire cofondateur et président exécutif du groupe Carlyle.

Un centriste

Larry Fink n’est pas un démocrate convaincu. Il est vrai qu’il a contribué à la campagne d’Hillary Clinton en 2016 et a même été cité comme candidat potentiel au Trésor. Mais il a aussi soutenu le candidat républicain Paul Ryan, ancien président de la Chambre. Business is business.

L’homme à la tête du groupe d’investissement qui pèse 7,8 trilliards de dollars plaide toutefois pour la réduction des inégalités. Des inégalités qui se sont creusées durant la double crise de 2020 entre ceux qui possédaient des actifs et ceux qui n’en possédaient pas. Ces derniers ont largement été touchés par le chômage. Or, sans eux, ‘il n’y aura pas de reconstruction de l’économie’, admet Fink.

Lorgnerait-il à nouveau un poste à la tête du Trésor ou de la FED dans l’administration Biden ? ‘Je me suis déjà engagé envers mes employés, mon conseil d’administration et ma famille’, a-t-il botté en touche.