Principaux renseignements
- Un juge américain a rejeté la majeure partie des actions en justice intentées par Ben & Jerry’s contre Unilever.
- Le litige se poursuit uniquement concernant les paiements contestés liés aux colonies de Cisjordanie.
- Les coupes budgétaires obligeront la Fondation Ben & Jerry’s à fermer ses portes d’ici 2026.
Un juge fédéral américain a rejeté la plupart des actions en justice intentées par Ben & Jerry’s contre son ancienne société mère, Unilever. La marque de glaces avait fait valoir qu’Unilever entravait ses initiatives en matière de justice sociale, affaiblissait l’autonomie de son conseil d’administration et avait cessé de soutenir financièrement la Fondation Ben & Jerry’s. Dans le cadre de cette décision, le juge a désigné la Magnum Ice Cream Company, l’entité basée à Amsterdam créée par Unilever pour superviser ses activités mondiales dans le domaine des glaces, comme principale partie défenderesse dans la suite de la procédure.
Les plaintes
Sur les dix plaintes initiales, le tribunal en a rejeté sept entièrement et une autre partiellement. Le juge a estimé que le contrat de fusion de 2000 ne conférait pas légalement au conseil d’administration indépendant ni à la fondation le pouvoir d’intenter des actions en justice concernant la gestion interne de l’entreprise, telles que la nomination ou la révocation d’administrateurs. En conséquence, le tribunal a rejeté la plupart des plaintes relatives à la gouvernance de la marque.
Litiges financiers restants
Seules deux accusations feront l’objet d’un examen plus approfondi. Toutes deux concernent un accord à l’amiable conclu en 2022 au sujet du boycott par la marque des colonies de la Cisjordanie. Dans le cadre de cette action en justice, il est allégué qu’Unilever a omis de verser 2,5 millions de dollars (2,1 millions d’euros) à l’entreprise et a retenu 2 millions de dollars (1,7 million d’euros) destinés à soutenir les producteurs d’amandes palestiniens.
Censure d’entreprise
Le conflit s’est aggravé après le licenciement soudain de David Stever, PDG de Ben & Jerry’s. Selon l’entreprise, la direction l’a licencié après qu’il a défendu l’activisme progressiste de la marque contre son ingérence. Le conseil d’administration de Ben & Jerry’s a également affirmé que les dirigeants d’Unilever avaient censuré l’entreprise en bloquant quatre déclarations concernant Gaza, notamment un soutien au réfugié Mahmoud Khalil, et en interdisant toute critique publique à l’encontre du président américain Donald Trump.
Batailles juridiques parallèles et fermeture de la fondation
Pour aggraver encore la tourmente juridique, Anuradha Mittal, l’ancienne présidente du conseil d’administration indépendant qui a été brusquement évincée, a intenté une action distincte en diffamation à San Francisco. Parallèlement, la Fondation Ben & Jerry’s a annoncé qu’elle cesserait toutes ses activités d’ici fin 2026, invoquant une décision de la direction qui lui a retiré son financement et a contraint ses employés à quitter leurs bureaux. (ev)
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