L’exclusion de la Russie des marchés mondiaux de l’énergie sera permanente, selon des dirigeants du secteur pétrolier

Lorsque l’Union européenne sera parvenue à se sevrer des approvisionnements énergétiques russes, il n’y aura sans doute pas de retour en arrière. La Russie sera exclue de manière permanente des marchés mondiaux de l’énergie, selon de hauts responsables de l’énergie.

Les conséquences sur le long terme de la guerre en Ukraine pourraient être catastrophiques pour la Russie. En réponse aux agissements de Moscou, de nombreux pays occidentaux ont infligé des sanctions à la Russie, dont un embargo progressif de l’UE sur le pétrole d’ici la fin de l’année – et du gaz prochainement – qui fait suite à un boycott de la part des États-Unis. Une résolution de l’Union européenne que Meg O’Neill, PDG de Woodside Petroleum, a qualifiée de ferme.

« Les Européens après la Seconde Guerre mondiale pensaient qu’il n’y aurait plus jamais de guerre sur le sol européen. Je pense que ce qui s’est passé est tellement choquant pour eux qu’ils ne se laisseront pas bercer par la complaisance concernant l’acquisition d’énergie de la Russie à l’avenir », a-t-elle déclaré lors d’une conférence sur l’énergie à Brisbane, rapporte le Financial Times.

Un retournement de situation qui n’arrivera pas

Le monde ne permettra tout simplement pas à la Russie de revenir sur les marchés mondiaux, à moins que Vladimir Poutine ne change son fusil d’épaule, ce qui est peu probable, selon Kory Judd, directeur des opérations des activités australiennes de Chevron.

« Il y a une sorte de transition morale qui devrait se produire », a déclaré M. Judd lors de la conférence. « Le mouvement n’a pas été un mouvement énergétique, il a été un mouvement social, car les gens ont reconnu la nature destructrice du conflit. Et donc je soupçonne que s’il y avait un changement rapide et des actions plus responsables, il pourrait y avoir une réintégration. »

Des alternatives pour tous

Pour se défaire des approvisionnements de pétrole russe, l’Europe peut compter sur d’autres fournisseurs, tout en développant ses autres sources d’énergie. Quant au gaz naturel, les choses sont plus compliquées, mais pas impossibles. Les États-Unis ont déjà augmenté leur livraison de gaz naturel liquéfié (GNL). Et ils ne sont pas les seuls à pouvoir combler la place laissée par la Russie. L’Australie pourrait en effet répondre à la demande en GNL des pays asiatiques, une fois qu’ils se seront sevrés des importations russes, a assuré Meg O’Neill.

À l’heure actuelle, la Russie n’est pas encore boudée par tous les pays. Moscou continue d’approvisionner de nombreux clients, dont l’Inde, mais si un boycott mondial devait se faire, ces pays pourraient être mis sous pression pour suivre le mouvement. On peut tout de même imaginer que certains profiteraient de la situation pour s’approvisionner auprès de la Russie à des prix défiants toute concurrence. Des contournements sous le manteau sont également envisageables. Des agissements que l’on constate déjà aujourd’hui.

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