L’ex-CEO de Google: ‘Des réseaux sociaux qui servent de mégaphone aux idiots et aux fous n’étaient pas notre plan initial’

Eric Schmidt (ISOPIX)

Les ‘excès’ sur les réseaux sociaux devraient conduire à une plus grande régulation des plateformes dans les années à venir.

Eric Schmidt, l’ancien PDG du moteur de recherche Internet Google, s’est adressé au Wall Street Journal lors d’une conférence virtuelle organisée ce mercredi.

Schmidt a été le CEO de Google de 2001 à 2011. Il est ensuite devenu président du conseil d’administration de la société mère de Google, Alphabet, poste qu’il a occupé jusqu’en 2017. Aujourd’hui, il est conseiller technique chez Alphabet. L’indice Bloomberg Billionaires classe Schmidt à la 92e place avec une fortune évaluée à 17,2 milliards de dollars.

Schmidt pense en outre que le procès pour abus de position dominante, initié par le gouvernement américain contre la société, est ‘mal placé’. Pour lui la régulation elle devrait davantage se faire sur les réseaux sociaux.

‘Le contexte des réseaux sociaux, qui agissent comme un mégaphone pour les idiots et les fous, n’était pas notre plan initial’, a déclaré Schmidt. ‘À moins que l’industrie ne réagisse de manière intelligente, davantage de réglementation deviendra inévitable.’

YouTube de Google a tenté de réduire la propagation de la désinformation et des mensonges sur le Covid-19, ainsi que sur la politique américaine au cours de l’année écoulée, avec des résultat mitigés. L’entreprise a même refait appel à de vrais modérateurs en cher et en os plutôt que de laisser son intelligence artificielle gérer tout de a à z. Facebook et Twitter ont également fait l’objet de nombreuses critiques ces dernières années. Souvent pour avoir laissé le champ libre aux messages racistes et discriminatoires diffusés en ligne.

Abus de pouvoir?

Google fait l’objet d’une plainte du ministre de la Justice en personne.

Le procès est la pierre angulaire d’une enquête du gouvernement américain qui a déjà duré un an. Le géant de la recherche Internet est accusé de ne pas laisser libre cours à ses concurrents. Google n’obtient jamais de concurrence sérieuse.

Un exemple? L’entreprise oblige toute personne qui achète un téléphone avec le système d’exploitation Android à utiliser de facto les produits Google. Il paie également des milliards à des concurrents comme Apple pour être le moteur de recherche par défaut sur les smartphones.

Selon l’assignation, Google contrôle 88% du marché américain de la recherche. Plus de 94% des recherches mobiles sont effectuées via sa plateforme.

‘La part de marché de Google n’est pas de 100%’

Mais Schmidt affirme que Google réussit parce que les utilisateurs le préfèrent à la concurrence, pas parce qu’il utilise son pouvoir pour bloquer les plus petits concurrents.

‘Je serais prudent avec ces arguments. Je ne suis tout simplement pas d’accord’, a déclaré Schmidt. ‘La part de marché de Google n’est pas de 100%.’