L’Europe veut former une ‘armée’ de médecins en cas de deuxième vague de Covid-19

La cérémonie de dévoilement de la statue de 6 mètres de haut 'Medics To The World', réalisée par le sculpteur Aigars Bikse, en hommage aux médecins du monde entier, au Musée national d'art letton de Riga. (EPA-EFE/VALDA KALNINA)
La cérémonie de dévoilement de la statue de 6 mètres de haut ‘Medics To The World’, réalisée par le sculpteur Aigars Bikse, en hommage aux médecins du monde entier, au Musée national d’art letton de Riga. (EPA-EFE/VALDA KALNINA)

Alors que le confinement est déjà de l’histoire ancienne pour de nombreux pays européens, les médecins du continent ne relâchent pas la pression et se préparent désormais pour une possible deuxième vague de coronavirus.

‘Nous avons besoin d’une armée de la santé’. Cet appel fort provient de Maurizio Cecconi, président élu de la Société européenne de médecine des soins intensifs (ESICM). Il indique que le personnel médical devrait être encore plus flexible dans son travail et plus mobile entre les différents départements afin de combattre le virus.

‘S’il y a une autre grande vague, nous devrions être prêts à déployer des médecins et des infirmières des régions voisines en Italie. Cela ne s’est pas produit souvent lors de la première vague’, a déclaré à Reuters ce médecin qui dirige aussi le service de soins intensifs d’un hôpital de Milan.

Recrutement en masse

Une véritable ‘armée de réserve’ de professionnels du secteur des soins de santé, c’est également ce que visent d’autres spécialistes de soins intensifs. Un objectif ambitieux alors que d’autres tentent déjà d’engager plus de personnel permanent.

En mars et en avril, de nombreux pays européens pris au dépourvu par l’ampleur de la pandémie ont ainsi donné des formations accélérées à leurs médecins pour soigner le coronavirus. Des chirurgiens, cardiologues, professionnels en tous genres et infirmières d’autres départements ont dû être transférés dans des unités de soin Covid-19 et aux soins intensifs, le personnel hospitalier étant débordé. Certains hôpitaux ont même dû appeler en renfort des étudiants et médecins retraités.

Mais les problèmes de pénurie sont toujours présents. Il s’agirait donc de profiter de cette accalmie pour convertir dès maintenant davantage de personnel afin de ne pas revivre le choc d’une deuxième vague d’infections.

C’est aussi ce que pense Jozef Kesecioglu, président de l’ESICM et responsable des soins intensifs au centre médical universitaire d’Utrecht, aux Pays-Bas. Si dans des circonstances normales, les travailleurs des soins intensifs suivent des années de formation, ‘nous ne devrions pas attendre la nouvelle vague [pour] leur donner une formation régulière’, affirme-t-il.

Transferts transfrontaliers

La Commission européenne a par ailleurs déjà financé des transferts transfrontaliers de personnel médical vers les pays les plus touchés au plus fort de la pandémie. En avril, des équipes de médecins ont par exemple été envoyées de Norvège et de Roumanie en Italie.

Cette expérience n’a cependant pas été couronnée de succès, la faute notamment à un manque de soutien des autres pays… Et à la barrière de la langue entre médecins. Selon Cecconi, ce déplacement des médecins d’un pays à l’autre ‘devrait donc être une option, mais pas la première’.

Les médecins n’ont pas été les seuls à avoir été transférés d’un pays à l’autre. Certains patients atteints du coronavirus ont également été déplacés pour être soignés. En France et en Italie, certains cas ont été envoyés dans des régions du pays moins touchées ou en Allemagne. Une méthode qui n’est pas non plus sans risque. ‘Nos patients sont souvent très malades’, ajoute Cecconi, ‘je préfère avoir des personnes compétentes qui savent comment travailler dans mon environnement’.

Lire aussi: