L’Europe s’accorde sur une réduction de 15% de la consommation de gaz au prix de nombreuses portes de sortie

Le plan proposé la semaine dernière par la Commission européenne a été validé ce mardi par les ministres de l’Énergie. Ce plan, pour être adopté par les 27, a dû largement être remanié.

« Ce n’était pas une mission impossible! Les ministres sont parvenus à un accord politique sur la réduction de la demande de gaz en prévision de l’hiver prochain », a annoncé la présidence tournante tchèque de l’UE sur son compte Twitter.

Ce plan comprend deux points importants: chaque pays membre fera « tout son possible » pour réduire de 15% sa consommation de gaz, entre août 2022 et mars 2023. De plus, s’il devait y avoir un grave risque de pénurie, ce mécanisme deviendrait contraignant.

Exemptions

Il y aura toutefois de nombreuses exemptions et cet objectif sera adapté à chaque pays. Par exemple, à la capacité d’exporter les quantités de gaz économisées aux pays dans le besoin. Des pays comme l’Espagne ou le Portugal, en bout de réseau, sont incapables de redistribuer le gaz à l’autre bout du continent. Quant à la Belgique, ses capacités d’exportations tournent déjà à plein régime. Il n’y aurait de toute façon pas la place pour du gaz supplémentaire économisé.

Les États insulaires sont également épargnés par ce mécanisme contraignant, tout comme les pays d’Europe qui auront dépassé leurs objectifs de remplissage des réservoirs de gaz. Enfin, ce sera au Conseil de l’UE, représentant des États membres, et non à la Commission, comme elle le demandait, de faire appliquer les objectifs contraignants.

Solidarité

On comprend donc qu’il s’agit surtout d’une déclaration d’intention qui vise à consommer moins, ce que chaque État avait déjà compris depuis longtemps, et à se montrer solidaire si c’est techniquement possible.

L’Allemagne demandait un geste de solidarité pour les pays qui, comme elle, dépend beaucoup du gaz russe. Une demande qui est mal passée auprès des pays du sud, qui ont encore en mémoire les plans de rigueur douloureux imposés par Berlin lors de la crise de 2008. Ils estimaient, outre l’impossibilité technique d’une éventuelle solidarité, ne pas avoir à payer pour la mauvaise politique énergétique de la plus grande puissance économique d’Europe. Les angles ont finalement été arrondis, tout le monde sachant très bien, comme l’exprimait après la réunion la ministre française de l’Énergie, Agnès Pannier-Runacher, que « si la chimie tousse en Allemagne, alors c’est toute l’industrie européenne qui peut s’arrêter ».

Lundi, Gazprom a annoncé que Nord Stream 1 ne fonctionnerait qu’à 20 % de ses capacités, tant que la fameuse turbine, bloquée par les sanctions, ne lui était pas remise pour réparation. Cette nouvelle coupure de gaz a fait bondir les prix du TTF, l’indice de référence, près des 200 dollars, un niveau plus atteint depuis mars dernier.

La hausse des prix de l’énergie et l’hiver à venir font craindre de plus en plus un risque de récession sur le Vieux continent.

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