L’Europe: ‘Le plus grand investisseur dans le secteur des batteries’

Vue d’un élément de batterie d’une voiture électrique Mercedes-Benz de type EQC, à l’usine Mercedes-Benz de Sebaldsbrueck en Allemagne. (EPA-EFE/DAVID HECKER)

Au cours des 18 derniers mois qui se sont écoulés, l’Europe a investi deux fois plus dans les batteries électriques que la Chine. La demande grandissante de voitures électriques et les changements des grandes compagnies automobiles placent l’Europe dans une position de leader.

En 2017, une ‘alliance européenne des batteries’ a été créée par la Commission européenne.  Elle rassemble les constructeurs automobiles, les groupes spécialisés en chimie et les sociétés d’ingénierie. Le but: former une chaîne de valeurs pour l’industrie des batteries électriques en Europe, afin d’être capable de rivaliser avec les Asiatiques ou les Américains.

Aujourd’hui, le secteur s’est bien développé en Europe. ‘Nous réduisons progressivement l’écart’, explique Peter Carlsson, CEO de Northvolt, le fabricant suédois de batteries. Les investissements dans ce secteur sont surtout poussés par la demande croissante en voiture électrique et le passage de nombreuses entreprises automobiles européennes vers ce type de moteur.

Cela se voit directement dans les finances de Northvolt. La Banque européenne d’investissement a accepté un prêt de 350 millions d’euros pour la création de la première gigafactory d’Europe en Allemagne. En outre, Volkswagen et BMW sont devenus d’importants investisseurs de la boite.

Lacunes

Mais l’Europe possède encore quelques lacunes. Notamment dans les cellules de batteries, l’élément de base, essentiel à leur production. Aujourd’hui, il faut encore tout importer d’Asie.

Les installations actuelles doivent être renforcées par un accès aux matières premières, par la création de composants et par l’augmentation des fournisseurs, explique Carlsson au site Euractiv. Ce sont, selon lui, les priorités en Europe pour ‘renforcer l’écosystème’.

Un autre problème qui se marque aussi énormément en Europe est le ‘manque de cerveaux’. Les ingénieurs ne sont ‘tout simplement pas disponibles’ dans nos régions et cela manque pour la création de nouvelles usines.

En outre, l’absence de chercheurs est fortement marquée dans le secteur de la recherche et du développement. ‘Nous avons des universités de haute qualité, nous avons juste besoin de plus de cette énergie juvénile et de l’intérêt des étudiants’, a déclaré Maroš Šefčovič, commissaire européen chargé de l’alliance des batteries. Les prochains investissements devront, entre autres, aller dans ‘la gestion des talents’ pour intéresser plus de jeunes à se lancer dans le domaine.

Aujourd’hui, ‘il ne s’agit plus seulement de rattraper son retard’, affirme Andrew McDowell, vice-président de la Banque européenne d’investissement, ‘il s’agit de prendre une position de leader dans ce secteur’.