Les Russes promettent une livraison dans l’espace en 2h chrono

Rocosmos étudie la possibilité de réduire encore le temps de vol de ses vaisseaux, automatiques ou habités, entre la Terre et le point d’orbite de l’ISS. Ceux-ci n’effectueraient plus qu’une seule orbite complète autour de la planète durant leur ascension, alors qu’il en fallait encore quatre en 2012. Un programme qui pose question, alors que l’ISS est en fin de carrière.

Si la mission de la Station spatiale internationale (ISS) est censée s’achever en 2030 – et non plus 2024 – et que le vénérable avant-poste orbital de l’humanité devra finir sa vie au fameux point Nemo de la Terre, la présence d’astronautes au-dessus de nos têtes, et leur ravitaillement, demeure un enjeu capital. Et c’est la Russie cette fois qui veut faire preuve de son savoir-faire avec un projet devant grandement accélérer le rythme des livraisons.

Une orbite seulement avant destination

L’agence spatiale russe Roscosmos a dévoilé un projet visant à permettre à ses vaisseaux cargo Progress d’arriver sur une orbite unique, ce qui signifierait que les marchandises arriveraient au complexe orbital deux heures seulement après leur lancement, a déclaré l’agence. Un communiqué publié sur le site Web de Roscosmos indique que la société Rocket and Space Corporation Energia (qui fait partie de l’agence spatiale) a reçu un brevet le 12 novembre pour un vol cargo à orbite unique.

Depuis plusieurs années, les Russes veulent améliorer le timing de leurs vols spatiaux, réduisant progressivement le temps de trajet entre le décollage et l’arrivée sur l’ISS, et ce tant pour des vaisseaux cargo non habités que pour des Soyouz transportant des cosmonautes. Ces trajets plus courts seraient d’ailleurs particulièrement favorables pour les vols habités, a déclaré Roscosmos, car ils « ont permis aux cosmonautes de s’habituer aux facteurs défavorables de l’apesanteur dans des conditions confortables sur l’ISS. »

De 6 à seulement 2h de vol

Entre 2012 et 2013, Rocosmos avait déjà innové en traçant un itinéraire en quatre orbites autour de la Terre jusqu’à rejoindre l’ISS, ce qui prenait aux vaisseaux russes environ 6 heures de vol. Ensuite, respectivement en 2018 et en 2020, les véhicules de ravitaillement Progress et les capsules habitées Soyouz ont été autorisés à utiliser un plan de vol à deux orbites qui a amené du fret et des équipages à la station spatiale en trois heures environ. Le vol avec équipage le plus rapide à ce jour, selon Roscosmos, est celui du vaisseau Soyouz MS-17 qui a envoyé un équipage à l’ISS seulement trois heures, trois minutes et 37 secondes après son lancement en octobre 2020. De toute évidence, les Russes veulent largement dépasser ce record.

Rester compétitifs ?

On peut se poser la question du pourquoi d’une telle course contre le chrono, d’autant plus alors que l’ISS arrive à la fin de sa carrière, malgré le prolongement de son activité pour quelques années supplémentaires. Difficile de faire des plans sur la comète, mais nul doute que la concurrence est à l’œuvre alors que les firmes privées américaines se sont lancées dans une course à qui véhiculera le mieux les touristes de l’espace, y compris d’ailleurs jusqu’à l’ISS. Roscosmos veut sans doute démontrer que sa technologie, plus ancienne, mais éprouvée et fiable, est aussi capable d’effectuer des missions à toute vitesse.

En outre, si l’ISS est appelée à retomber, une autre station spatiale, chinoise, est déjà en orbite et devrait bientôt s’agrandir. Il n’est pas non plus exclu qu’à plus ou moins long terme, Européens et Américains se décident à remplacer la vénérable ISS. Dans ce contexte, les Russes ont tout intérêt à rester des interlocuteurs privilégiés et compétitifs quand il s’agit d’envoyer des humains et du fret en orbite autour de la Terre.

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